Face à une crise silencieuse mais profonde, les soignants s’unissent pour préserver leur santé mentale. Alors que plus d’un sur deux déclare avoir déjà vécu un burn-out, le sujet s’invite à Marseille, le 22 mai prochain, à l’occasion des Dialogues de la santé organisés à la Villa M. Une rencontre qui veut porter une voix jusque-là reléguée au second plan : celle de soignants épuisés, parfois brisés, mais décidés à ne plus se taire. Burn-out, dépressions, idées suicidaires, erreurs médicales : les témoignages s’accumulent, les chiffres inquiètent. Une consultation menée en 2023 auprès de 50 000 professionnels de santé révèle que deux tiers se sentent épuisés, 77 % estiment mal dormir, et 55 % ont déjà connu un épisode d’épuisement professionnel.
Un système à bout de souffle, des initiatives pour survivre
Le malaise commence dès les études, comme le souligne le médecin Maxim Challiot, marqué par le suicide d’une collègue interne : « Nous étions six, un jour nous n’étions plus que cinq. » Pour combler l’inaction politique, des soignants créent leurs propres espaces de reconstruction. Maxim Challiot pratique aujourd’hui la méditation avec d’autres confrères et s’est éloigné de l’institution hospitalière. Quant à la chirurgienne Candice Delbet-Dupas, elle porte un projet de centre de ressources inédit, Les Bazars de la santé, pour accompagner ses pairs à Vichy, avec yoga, hypnothérapie et ateliers de prévention. Elle enrage pourtant d’une chose : les financements manquent. Malgré trois appels au ministère, elle n’a reçu aucun retour. « On parle de prévention, mais personne ne veut la financer. » Pendant ce temps, les politiques changent, les feuilles de route se perdent, et les soignants, eux, prennent leur santé en main.