Certaines personnes établissent un lien entre leur alimentation et les crises de migraine, notamment parce que les nausées sont un symptôme courant de cette affection, et qu’il est souvent supposé que certains aliments déclenchent ces crises.
Le site Psychology Today s’est penché sur cette relation, soulignant que les médicaments anti-nauséeux sont un élément clé du traitement de la migraine. D’ailleurs, la migraine est souvent définie comme un mal de tête sévère accompagné de nausées.
Des aliments déclencheurs ? Une hypothèse à nuancer
Des recherches récentes remettent en question l’idée selon laquelle la consommation de certains aliments provoquerait directement les migraines. Il est encore nécessaire de mener davantage d’études cliniques pour comprendre comment les modifications alimentaires influencent réellement ces crises.
Bien que la caféine et l’alcool soient souvent cités comme déclencheurs possibles, les preuves restent faibles pour d’autres aliments. De plus, la migraine commence dans le cerveau des heures avant l’apparition de la douleur, ce qui complique encore l’identification des véritables facteurs déclenchants.
Par exemple, l’idée répandue selon laquelle le chocolat déclencherait les migraines pourrait en réalité s’expliquer par une envie irrépressible de chocolat qui précède la douleur, selon une hypothèse évoquée dans l’article.
L’avis d’une spécialiste
La Dre Margaret Slavin, professeure en nutrition à l’université du Maryland, souligne que les nouvelles données défient les idées reçues sur les interventions alimentaires qui pourraient réduire la fréquence des migraines.
Elle explique que la migraine peut influencer l’alimentation, notamment à travers les nausées qu’elle provoque :
« Il est très difficile de manger quoi que ce soit, ou de maintenir une alimentation équilibrée à base de petits repas fréquents, lorsqu’on souffre de nausées sévères. »
Que disent les essais cliniques ?
Plusieurs régimes alimentaires sains ont montré, dans des essais cliniques, une réduction de la fréquence des migraines. Mais pour la Dre Slavin, le meilleur régime est celui que l’on peut réellement suivre sur le long terme :
« Il ne faut pas tout changer d’un coup. « Faites un petit changement à la fois, poursuivez-le et évaluez son efficacité avant de passer à un autre ajustement.»
Elle recommande de commencer par :
Augmenter la consommation de fruits et légumes.
Remplacer les céréales raffinées par des céréales complètes (ex. : riz brun à la place du riz blanc).
Éviter le jeûne prolongé.
Rester bien hydraté.
Le poids, un facteur aggravant ?
Chez les personnes migraineuses en surpoids, une alimentation saine favorisant la perte de poids pourrait également être bénéfique. Toutefois, la Dre Slavin précise que ces recommandations s’appuient sur peu d’études et ne doivent pas être considérées comme des solutions éprouvées.
Le mot de la fin
« J’attends avec impatience de nouvelles données sur le lien entre alimentation et migraine. » En attendant, cessons de nous culpabiliser pour chaque aliment que nous pensons être la cause de nos crises », conclut-elle.
Et elle insiste :
« Trouvez un régime sain que vous appréciez… et engagez-vous à le suivre. »