Recherche médicale : l’Inspection générale des Finances menace les grands instituts français
Recherche médicale : l’Inspection générale des Finances menace les grands instituts français

Une alerte, et non des moindres. Lundi 7 juillet, plusieurs grands noms de la recherche biomédicale française ont tiré la sonnette d’alarme face à une mesure budgétaire qui pourrait, selon eux, compromettre lourdement leur financement. L’Institut Pasteur, l’Institut Curie, Gustave-Roussy, l’AFM-Téléthon ou encore la Fondation pour la recherche médicale dénoncent une proposition fiscale jugée « catastrophique » pour la générosité des donateurs. En cause, un rapport de l’Inspection générale des Finances (IGF), dont certaines pistes ont été dévoilées début juillet, et qui recommanderait de plafonner bien plus sévèrement les avantages fiscaux liés aux dons. Aujourd’hui, les particuliers peuvent déduire jusqu’à 20 % de leur revenu imposable. Le projet évoquerait un plafond fixe de 2 000 euros. Pour les organismes concernés, ce serait un coup dur.

Un « levier vital » menacé dans un contexte de sous-financement

Les signataires insistent : cette niche fiscale n’est pas un luxe, mais une nécessité. Dans un contexte de sous-investissement public chronique, les dons représentent un levier majeur pour financer la recherche. Plus d’un quart des ressources privées de ces structures pourraient être affectées, rappellent-ils. « Les premières victimes seraient les patients et les chercheurs », préviennent-ils, évoquant un impact direct sur les avancées scientifiques et les capacités à répondre aux enjeux de santé publique. Fait notable : l’Inserm, pourtant acteur central de la recherche médicale, ne figure pas parmi les signataires. Son modèle de financement, plus étatique, le rend moins dépendant des dons. Mais les organismes indépendants, eux, se disent clairement exposés.

Un rapport qui n’engage pas encore le gouvernement

Le ministère de la Recherche n’a pas réagi officiellement. Quant à la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, elle a tempéré les inquiétudes en rappelant que le rapport de l’IGF ne constitue « en aucun cas un arbitrage ». Il s’agirait d’un simple document de travail. Le dernier mot reviendra au Premier ministre, François Bayrou, qui doit annoncer les grandes lignes du budget 2026 le 15 juillet. D’ici là, les chercheurs espèrent faire entendre leur voix. Car derrière les chiffres, ce sont des laboratoires, des protocoles expérimentaux, des traitements en cours de développement qui pourraient se retrouver fragilisés. Et dans un pays qui se veut moteur en matière de santé et d’innovation scientifique, le signal envoyé par une telle mesure pourrait être aussi politique que financier.

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