Médecins, kinés, dentistes, infirmiers ou encore sages-femmes battent le pavé ce mardi 1er juillet à Paris. Rassemblés au sein du collectif #SoignantsTrahis, ces professionnels de santé libéraux dénoncent le gel des revalorisations tarifaires prévu pour cet été, conséquence des restrictions budgétaires décidées par le gouvernement.
Des revalorisations suspendues jusqu’à 2026
L’annonce du dépassement prévisible de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) pour 2025 a servi de déclencheur. Estimé à 265,9 milliards d’euros, le budget devrait être dépassé de 1,3 milliard, soit +0,5 %. Résultat : les augmentations prévues au 1er juillet 2025 sont repoussées au 1er janvier 2026. Cela concerne notamment les consultations des psychiatres, gynécologues ou pédiatres, ainsi que les actes courants de kinésithérapie, initialement revalorisés de 8 %. Le gouvernement justifie ces décisions par la nécessité de contenir le déficit de l’Assurance maladie, dopé notamment par une hausse des arrêts de travail (+6,7 % en début d’année) et des dépenses de transport sanitaire (+45 % depuis la période pré-Covid).
Les pharmaciens dans la bataille
Même non concernés par le gel des tarifs, les pharmaciens rejoignent la mobilisation. En cause : une réforme des remises sur les médicaments génériques, qui passerait d’un plafond de 40 % à 20 ou 25 %. Selon l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo), cette mesure pourrait faire perdre 600 millions d’euros aux officines, soit environ 30 000 euros par établissement. La Fédération des pharmaciens de France appelle à une grève des gardes dès ce mardi. L’exécutif défend ces mesures comme indispensables pour garantir la pérennité du modèle social, mais les professionnels dénoncent un double discours et un abandon du secteur libéral, pourtant pilier du système de soins.