Parkinson - des chercheurs identifient le réseau cérébral clé et ouvrent la voie à un traitement plus précis
Parkinson - des chercheurs identifient le réseau cérébral clé et ouvrent la voie à un traitement plus précis

La maladie de Parkinson pourrait ne plus être seulement considérée comme un trouble des ganglions de la base. Une étude internationale, publiée dans la revue Nature, met en lumière un réseau cérébral spécifique dont le dysfonctionnement serait au cœur de la maladie : le réseau d’action somato-cognitif, ou SCAN.

Menée par le laboratoire Changping en Chine en collaboration avec la Université Washington à Saint-Louis, la recherche propose une nouvelle lecture des mécanismes neurologiques de Parkinson, affection qui touche plus de dix millions de personnes dans le monde.

Un réseau qui relie cognition et mouvement

Le SCAN se situe dans le cortex moteur, région impliquée dans la planification et l’exécution des mouvements. Il assure la transformation des intentions en actions concrètes et reçoit en retour les informations sur la qualité de l’exécution.

Or, selon les chercheurs, la maladie de Parkinson se caractérise par une hyperconnectivité entre ce réseau et le subcortex, zone impliquée dans les émotions, la mémoire et le contrôle moteur. Cette connectivité excessive perturberait non seulement les mouvements, mais aussi certaines fonctions cognitives et corporelles, comme le sommeil ou la digestion.

Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe a analysé des données d’imagerie cérébrale provenant de plus de 800 participants aux États-Unis et en Chine. Les patients étaient traités soit par stimulation cérébrale profonde, soit par des approches non invasives comme la stimulation magnétique transcrânienne, les ultrasons focalisés ou les médicaments. Des sujets sains et des patients atteints d’autres troubles du mouvement ont servi de groupes de comparaison.

Les chercheurs ont observé que les traitements les plus efficaces étaient ceux capables de réduire cette hyperconnectivité et de normaliser l’activité du SCAN.

Une stimulation non invasive plus efficace

S’appuyant sur ces résultats, les scientifiques ont testé une approche ciblant précisément le SCAN grâce à la stimulation magnétique transcrânienne. Cette technique, non invasive, envoie des impulsions magnétiques à travers le crâne à l’aide d’un dispositif placé sur la tête.

Dans un essai clinique incluant 36 patients, la moitié a reçu une stimulation précisément orientée vers le SCAN, l’autre moitié une stimulation dans des zones cérébrales adjacentes. Après deux semaines, 56 % des patients du groupe ciblé ont montré une amélioration significative des symptômes, contre 22 % dans le groupe témoin. L’efficacité du ciblage précis a ainsi été multipliée par 2,5.

Cette avancée pourrait permettre d’intervenir plus tôt dans la maladie, sans recourir immédiatement à des procédures invasives comme la stimulation cérébrale profonde, qui nécessite l’implantation chirurgicale d’électrodes.

Les chercheurs estiment désormais que la modulation ciblée du SCAN pourrait non seulement soulager les symptômes, mais potentiellement influencer l’évolution de la maladie. Des essais cliniques supplémentaires sont prévus pour explorer des applications spécifiques, notamment sur les troubles de la marche. Si ces résultats doivent encore être confirmés à plus grande échelle, ils redéfinissent le cadre neurologique de la maladie de Parkinson et ouvrent la perspective d’un traitement plus personnalisé, centré sur les réseaux cérébraux plutôt que sur des structures isolées.

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