La caféine dans le viseur de l’UE : une tempête dans un expresso ?
La caféine dans le viseur de l’UE : une tempête dans un expresso ?

L’Union européenne s’attaque-t-elle à votre sacro-saint café du matin ? C’est l’inquiétude qui agite les amateurs de robusta et d’arabica depuis que la caféine a été classée comme « nocive pour la santé si ingérée » dans certaines conditions. Une décision motivée par les conclusions de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui remet sur la table les risques liés à une consommation excessive. Non, Bruxelles ne vous interdira pas votre ristretto après le déjeuner. En réalité, ce sont les usages industriels et les produits concentrés en caféine qui sont dans le collimateur. L’UE a notamment acté l’interdiction de son emploi comme pesticide – un usage étonnant mais réel – dans le cadre d’un renforcement général des normes sanitaires.

Cœur fragile et nuits blanches : les effets connus mais ignorés

Les études de l’EFSA ont rappelé ce que de nombreux professionnels de santé dénoncent depuis des années : en trop grande quantité, la caféine fait plus de mal que de bien. Troubles cardiovasculaires, dérèglement thermique, déshydratation, perturbation du sommeil, anxiété… La liste est longue. Chez les femmes enceintes, l’excès pourrait même impacter le poids de naissance du bébé. Alors, faut-il s’alarmer ? Pas vraiment, si l’on reste dans les clous. Une tasse de café filtre contient environ 90 mg de caféine, ce qui reste bien en deçà du seuil jugé problématique (environ 400 mg par jour pour un adulte en bonne santé). Mais attention aux boissons énergétiques ou compléments ultra-dosés, qui concentrent jusqu’à 200 voire 300 mg par portion.

Le café visé ? Non. La désinformation, oui.

Comme souvent, les réactions ne se sont pas fait attendre. Certains médias ont crié à l’interdiction du café, d’autres à l’absurdité de l’Union. Le député danois Anders Vistisen a fustigé cette réglementation, rappelant au passage l’épisode de la cannelle, quand la coumarine, molécule présente dans certaines variétés, avait elle aussi été ciblée par l’Europe. En réalité, le café quotidien n’est pas menacé. Ce sont les produits concentrés, notamment destinés aux jeunes ou aux sportifs, qui risquent d’être davantage encadrés. Un encadrement que l’UE justifie par la montée en puissance de ces produits chez les adolescents, peu conscients des effets secondaires. Pas de panique donc : votre espresso reste en sécurité. Mais si vous avalez cinq canettes de boisson énergisante en moins d’une heure… vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous avait pas prévenu.

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