La grippe n’a pas encore quitté la France, mais les indicateurs commencent à virer à l’orange plutôt qu’au rouge. Selon le dernier bulletin hebdomadaire de Santé publique France, publié mercredi 4 février, l’intensité de l’épidémie diminue progressivement, même si la circulation des virus grippaux reste active dans la quasi-totalité de l’Hexagone.
À ce stade, toutes les régions métropolitaines demeurent en phase épidémique, à l’exception de l’Île-de-France, désormais classée en post-épidémie. Un signal encourageant, qui pourrait annoncer un reflux plus général dans les semaines à venir.
Les données de fin janvier confirment cette tendance. Le recours aux soins liés à la grippe, aussi bien en médecine de ville qu’à l’hôpital, est en baisse. Le taux de positivité des tests, indicateur clé de la circulation virale, recule lui aussi sur la période allant du 26 janvier au 1er février. Même dynamique du côté de la mortalité : la proportion de décès liés à la grippe parmi les certificats électroniques enregistrés diminue pour la troisième semaine consécutive.
Dans leurs projections actualisées, Santé publique France et l’Institut Pasteur anticipent une poursuite de cette décrue. Les deux organismes estiment que le recours aux soins devrait continuer à diminuer au cours des quatre prochaines semaines, signe d’un ralentissement progressif de l’épidémie, sans pour autant disparaître brutalement.
Une vaccination en hausse par rapport à 2024
Autre élément jugé plutôt positif par les autorités sanitaires : la couverture vaccinale. Fin 2025, près de 46,3 % des personnes ciblées avaient reçu le vaccin contre la grippe. Ce taux atteint 53,3 % chez les 65 ans et plus, et 27,1 % chez les moins de 65 ans présentant un risque de forme grave. Des niveaux supérieurs à ceux observés à la même période un an plus tôt, souligne Santé publique France.
Ce point est loin d’être anodin au regard de la saison précédente. L’hiver 2024 avait été marqué par l’une des épidémies de grippe les plus sévères depuis 2009, avec environ 17 600 décès attribués au virus, bien au-delà de la moyenne habituelle estimée autour de 10 000 morts par an. Une surmortalité que les experts avaient notamment reliée à une vaccination insuffisante.
Autres virus sous surveillance
En parallèle, les autorités sanitaires continuent de surveiller les autres virus respiratoires. Le virus respiratoire syncytial, responsable de la bronchiolite, circule toujours activement sur le territoire, même si là aussi certains indicateurs se stabilisent. Du côté du Covid-19, la situation reste globalement maîtrisée : les indicateurs demeurent faibles et stables en ville comme à l’hôpital, malgré une hausse du taux de détection du virus dans les eaux usées. Si la grippe semble donc amorcer une décrue, les autorités appellent à la prudence. La fin de l’épidémie n’est pas encore actée, et les populations les plus fragiles restent exposées tant que la circulation virale demeure soutenue.