Alors que de nouvelles doses de vaccin contre le COVID-19 ont été autorisées, de nombreux Américains peinent à s’en procurer, confrontés à des prescriptions obligatoires dans certains États, à des rendez-vous introuvables et à des règles changeantes d’un territoire à l’autre.
Michelle Newmark, habitante de Virginie, a raconté avoir essuyé plusieurs refus : on lui a d’abord demandé une ordonnance, puis son pharmacien local l’a informée que les doses ne seraient pas disponibles avant deux semaines. Elle a même envisagé de se rendre dans l’État voisin du Maryland avant de découvrir qu’une pharmacie CVS plus proche commençait enfin à prendre des rendez-vous. « C’est très frustrant », a-t-elle résumé.
Cette confusion s’explique par les différences de réglementation entre États. Dans la majorité d’entre eux, les pharmaciens peuvent déjà administrer les vaccins sans prescription, mais 11 États et Washington D.C. exigent encore une ordonnance, et le Nevada interdit complètement la distribution en pharmacie pour l’instant. En Pennsylvanie, par exemple, les pharmaciens n’ont pu commencer à vacciner qu’après un assouplissement décidé cette semaine.
Les limitations posées par la FDA ajoutent à la complexité. Contrairement aux campagnes précédentes ouvertes dès 6 mois, les nouvelles doses sont pour l’instant réservées aux plus de 65 ans ou aux personnes souffrant d’affections médicales augmentant les risques de forme grave. La liste inclut des profils très variés, des fumeurs passés aux personnes sédentaires, mais certains patients craignent tout de même d’être refusés.
Ces obstacles incitent certains à parcourir des dizaines de kilomètres pour obtenir une injection. Lee Yarosh, 71 ans, prévoit ainsi de quitter l’État de New York pour se faire vacciner dans le Connecticut avant un voyage en Europe. D’autres, comme Chris Stone en Virginie, espèrent obtenir leur dose lors d’un prochain rendez-vous médical, faute d’avoir pu la réserver en pharmacie.
Les autorités sanitaires assurent que la situation devrait se stabiliser dans les prochaines semaines. Mais pour beaucoup d’Américains habitués à un accès fluide aux vaccins depuis la pandémie, cette nouvelle organisation représente une source de confusion et d’inquiétude à l’approche de l’hiver.