Essai clinique - une nouvelle radiothérapie efface le cancer chez un patient sur cinq @pexels
Essai clinique - une nouvelle radiothérapie efface le cancer chez un patient sur cinq @pexels

Un essai clinique international a bouleversé la cancérologie en révélant qu’une radiothérapie de nouvelle génération, baptisée thérapie par radioligand, a fait disparaître toute trace de cancer chez 21 % des patients traités en seulement six mois. Les spécialistes, à commencer par Michael Morris du Memorial Sloan Kettering de New York, parlent d’un « événement inédit ».

Une rupture dans la stratégie contre les cancers métastatiques

Contrairement à la radiothérapie classique, administrée de l’extérieur et souvent toxique pour les tissus sains, cette méthode repose sur l’infusion dans le sang de radio-isotopes capables de cibler précisément les récepteurs des cellules tumorales. Le résultat, une irradiation sélective qui ménage l’organisme tout en frappant les tumeurs de plein fouet, ouvre une brèche dans la prise en charge des cancers métastatiques longtemps considérés comme incurables. Le géant suisse Novartis, pionnier du domaine, a bâti sa domination grâce au rachat de sociétés de pointe issues du CERN ou de la biotech américaine, lançant déjà deux traitements phares : Lutathera contre les tumeurs gastro-intestinales et Pluvicto pour le cancer de la prostate. La technologie soulève néanmoins d’énormes défis logistiques. Le médicament doit être produit et livré au patient en quelques jours, sous peine de perdre son efficacité. Les laboratoires de Novartis à Bâle ont été blindés de dizaines de tonnes de plomb, et le personnel surveille son exposition grâce à deux dosimètres. Les patients, eux, peuvent être placés en isolement dans des chambres plombées, où chaque déchet radioactif est géré comme une bombe à retardement.

Un marché colossal, une course à l’armement scientifique

Face aux résultats spectaculaires, la compétition mondiale s’intensifie. Novartis a sécurisé une large part du lutétium, isotope clé du procédé, tandis que Lilly, AstraZeneca ou Sanofi explorent d’autres options comme l’actinium, parfois importé de Russie. Le marché, estimé à plus de 25 milliards d’euros annuels à moyen terme, attise toutes les convoitises. Déjà, Pluvicto a généré 1,4 milliard de dollars en 2024 et les prévisions grimpent à mesure que s’ouvrent de nouveaux essais cliniques sur le poumon, le sein, le pancréas ou le côlon. L’avenir de cette médecine nucléaire dépendra de la formation de milliers de cliniciens, de la construction d’usines et d’infrastructures hospitalières spécialisées. Les experts estiment qu’il faudra dix à quinze ans pour bâtir un écosystème capable d’absorber la demande mondiale. Mais avec une avance technologique et industrielle difficile à rattraper, Novartis compte bien rester en tête de cette course où la science et l’industrie avancent main dans la main, et où chaque mois gagné pourrait sauver des milliers de vies.

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