En classe de sixième en France - la moitié des élèves incapables de courir plus de 5 minutes, alerte le ministère
En classe de sixième en France - la moitié des élèves incapables de courir plus de 5 minutes, alerte le ministère

Les résultats de l’étude nationale sur les aptitudes physiques des élèves de sixième, publiée le 2 février 2026 par le ministère de l’Éducation nationale, sont sans appel : la condition physique des collégiens de 11-12 ans est préoccupante. Sur 267 000 élèves testés en septembre 2025 dans près d’un tiers des collèges (publics et privés sous contrat), la moitié (environ 130 000) ne parviennent pas à courir plus de 5 minutes à une allure minimale de 9,5 km/h selon le test Luc Léger. Près de 20 % s’arrêtent même avant 3 minutes. Une première évaluation d’une telle ampleur qui met en lumière un décrochage majeur en endurance, avec des écarts très marqués selon le genre et le contexte social.

Le test Luc Léger (allers-retours de 20 mètres à allure croissante) révèle que seuls 34 % des élèves atteignent un niveau « satisfaisant » en endurance. Les garçons s’en sortent mieux (46,3 % en maîtrise satisfaisante) que les filles (21,6 %), un écart de 24,7 points. L’origine sociale creuse encore le fossé : 43,4 % des élèves des collèges favorisés maîtrisent l’endurance contre 25,3 % dans les établissements REP et REP+, soit 18,1 points d’écart. Les tests de force (saut en longueur) et de vitesse (sprint 30 m) affichent des résultats légèrement meilleurs, mais près de la moitié des élèves restent « en difficulté » sur ces deux dimensions.

Une génération moins endurante que jamais

Cette étude, menée dans 2 800 établissements volontaires (32 % des élèves de sixième), est la première du genre à cette échelle. Elle succède à un test pilote sur 4 100 élèves en 2024. Les résultats confirment une tendance inquiétante observée depuis plusieurs années : sédentarité croissante, écrans omniprésents, baisse de l’activité physique quotidienne. Le ministère souligne que l’endurance cardiovasculaire est un marqueur essentiel de la santé future : une mauvaise performance à 11 ans est associée à un risque accru de maladies cardio-vasculaires à l’âge adulte.

Des inégalités sociales et de genre qui s’aggravent

Les écarts observés ne sont pas nouveaux, mais leur ampleur alarme. Les filles, souvent moins incitées à la pratique sportive intensive, et les élèves des quartiers prioritaires, confrontés à un accès moindre aux infrastructures sportives, sont les plus pénalisés. Le ministère annonce vouloir renforcer l’éducation physique et sportive (EPS) au collège et développer des programmes de lutte contre la sédentarité dès le primaire. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : la moitié d’une classe d’âge ne peut pas tenir 5 minutes de course à allure modérée. Un constat qui dépasse largement le cadre scolaire et interroge l’ensemble de la société.

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