Des taux «incommensurables» de microplastiques retrouvés dans les eaux Contrex et Hépar
Des taux «incommensurables» de microplastiques retrouvés dans les eaux Contrex et Hépar

Une enquête a révélé la présence de concentrations exceptionnellement élevées de microplastiques dans les eaux minérales Contrex et Hépar. Les analyses réalisées par l’Office français de la biodiversité font état de 515 particules de microplastique par litre pour Contrex et 2 096 particules par litre pour Hépar, des niveaux décrits comme « incommensurables » par rapport aux mesures habituellement relevées dans les eaux naturelles.

Des niveaux bien au-dessus des références connues

Selon les comparaisons établies à partir de données environnementales, les valeurs mesurées seraient 51 000 à 1,3 million de fois supérieures aux concentrations observées dans certaines rivières, lacs ou fleuves, et 5 à près de 3 000 fois plus élevées que les moyennes recensées dans les nappes phréatiques à l’échelle mondiale. Ces ordres de grandeur traduisent l’écart inédit avec les données de référence.

Origine supposée de la contamination

Les microplastiques détectés proviendraient de dépôts et décharges sauvages situés à proximité des sites d’exploitation dans les Vosges. Ces zones, composées de déchets plastiques divers, auraient contribué à la contamination progressive des sols et des nappes phréatiques. La dispersion et la fragmentation des déchets en particules microscopiques rendraient toute dépollution complète particulièrement difficile.

Nature et impacts environnementaux

Les particules observées incluent des microplastiques et nanoplastiques issus de polymères variés (polyéthylène, polypropylène, PET, polystyrène, etc.). Leur petite taille leur permet de se propager dans les écosystèmes aquatiques et d’adsorber d’autres polluants. Les spécialistes craignent des effets persistants sur la biodiversité et des perturbations dans les cycles naturels.

Conséquences sanitaires : état des connaissances

Les recherches sur les effets des microplastiques sur la santé humaine restent limitées. Bien qu’ils soient aujourd’hui détectés dans l’air, les sols, l’eau et certains aliments, les scientifiques peinent encore à établir un lien direct entre leur ingestion et des effets mesurables sur la santé. La taille des particules, leur composition chimique et leur charge en polluants sont autant de facteurs déterminants dans les risques potentiels.

Procédure judiciaire en cours

Ces révélations ont déclenché une enquête préliminaire et des poursuites contre l’entreprise exploitant les marques, pour stockage illégal de déchets et pollution environnementale. La procédure judiciaire suit son cours et devrait préciser les responsabilités ainsi que les mesures qui pourraient être imposées.

Le procès, décidé à l’issue d’une enquête du parquet de Nancy, se tiendra du 24 au 28 novembre prochain.

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