Un nouvel implant rétinien vient de franchir une étape décisive dans la lutte contre la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Selon une étude publiée lundi 20 octobre dans la revue The New England Journal of Medicine, des chercheurs français sont parvenus à restaurer partiellement la vision de patients atteints de cette maladie jusqu’ici incurable.
Un espoir pour des millions de malvoyants
La DMLA touche 1,5 million de personnes en France et près de 200 millions dans le monde. Cette affection, qui survient généralement après 60 ans, provoque une perte progressive de la vision centrale, empêchant la lecture, la reconnaissance des visages et de nombreux gestes du quotidien. Dans sa forme dite « atrophique », les cellules de la rétine chargées d’absorber la lumière meurent peu à peu, rendant la maladie irréversible. Pour tenter de contourner ce handicap, des chercheurs de l’Inserm, du CNRS, de Sorbonne Université et de l’Institut de la Vision ont mené un essai clinique sur 38 patients répartis dans cinq pays européens. Leur objectif : remplacer les cellules mortes par un dispositif électronique capable de capter et de transmettre les signaux lumineux au cerveau.
Une micro-puce qui transforme la lumière en signal électrique
Le dispositif, baptisé Prima, repose sur une technologie photovoltaïque. Il s’agit d’une minuscule puce de deux millimètres, contenant environ 400 électrodes, placée sous la rétine. Associée à une paire de lunettes équipée d’une caméra, elle capte les images du monde extérieur, puis les projette sur la rétine grâce à un micro-projecteur. Chaque cellule de la puce convertit ensuite la lumière en impulsions électriques, que le cerveau interprète comme des formes ou des mouvements. Les résultats de l’étude sont prometteurs : après un an, 80 % des patients ont retrouvé une partie de leur acuité visuelle. Certains ont pu lire des lettres, reconnaître des mots et même parcourir de courts textes. D’autres ont réussi à se repérer dans le métro ou à se déplacer sans assistance, signe d’une réelle amélioration de leur autonomie. José-Alain Sahel, ophtalmologue et chercheur à l’Institut de la Vision, salue une avancée majeure : « L’implant redonne à l’œil sa capacité à transformer la lumière en signal électrique que le cerveau peut à nouveau interpréter. » Fort de ces résultats, la société française à l’origine du dispositif a déposé une demande d’autorisation de mise sur le marché européen. Si celle-ci est validée, l’implant Prima pourrait offrir dans les prochaines années une nouvelle chance de vision à des milliers de patients frappés par la DMLA.