Cholestérol - deux nouvelles pilules rebattent les cartes face aux statines (AP)
Cholestérol - deux nouvelles pilules rebattent les cartes face aux statines (AP)

La lutte contre l’excès de cholestérol pourrait entrer dans une nouvelle phase. Deux médicaments expérimentaux administrés par voie orale, l’enlicitid et l’obicetrapib, affichent des résultats qui dépassent largement ceux obtenus jusqu’ici avec les traitements classiques. Destinées en priorité aux patients à haut risque cardiovasculaire, ces molécules sont présentées comme une alternative crédible aux statines, notamment pour les personnes qui ne parviennent pas à atteindre les objectifs de baisse du LDL (mauvais cholestérol) ou qui les tolèrent mal.

Depuis des années, la prise en charge de l’hypercholestérolémie repose en grande partie sur les statines. Pourtant, malgré un suivi médical rigoureux, une proportion importante de patients à risque continue d’afficher des taux de LDL trop élevés. Cette réalité a conduit plusieurs équipes de recherche à explorer de nouvelles pistes thérapeutiques, avec un objectif clair, proposer des traitements efficaces, simples d’utilisation et capables d’agir sur plusieurs marqueurs lipidiques à la fois.

Les données les plus marquantes concernent l’enlicitid. Testé dans le cadre d’un vaste essai clinique international portant sur près de 3 000 patients souffrant d’athérosclérose ou présentant des facteurs de risque cardiovasculaire importants, ce médicament a permis une baisse moyenne d’environ 60 % du cholestérol LDL après 24 semaines de traitement. Les résultats ont été publiés dans le New England Journal of Medicine.

Les chercheurs rappellent que, chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires avérées, moins d’un sur deux atteint aujourd’hui les seuils recommandés pour le LDL. Dans ce contexte, une réduction d’une telle ampleur avec un médicament oral est considérée comme inédite depuis l’apparition des statines.

Des effets étendus au-delà du LDL

Au-delà de la chute spectaculaire du LDL, l’enlicitid s’est distingué par son action sur d’autres paramètres clés du profil lipidique. Les essais ont montré une diminution significative de la lipoprotéine(a), de l’apolipoprotéine B et des lipoprotéines non-HDL, tous impliqués dans la survenue d’accidents cardiovasculaires majeurs. Ces effets se sont maintenus sur une période d’un an, renforçant l’intérêt clinique de la molécule et sa possible intégration à long terme dans les stratégies thérapeutiques.

Dans le même temps, une autre molécule, l’obicetrapib, a fait l’objet d’études distinctes portant sur plus de 2 500 patients. Les résultats font état d’une réduction moyenne du LDL de 32,6 %, associée à une baisse de 33,5 % de la lipoprotéine(a). Cette double action est particulièrement scrutée par les spécialistes, car aucun traitement oral actuellement autorisé ne cible efficacement cette molécule, pourtant étroitement liée au risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral.

Ces données confirment l’émergence d’une nouvelle classe thérapeutique, susceptible de répondre aux besoins des patients en échec de traitement ou présentant une intolérance aux statines. Elles ouvrent également la voie à des schémas thérapeutiques plus personnalisés, adaptés à des profils de risque complexes.

La voie des associations thérapeutiques

Un autre essai s’est intéressé à l’association fixe de l’obicetrapib avec l’ézétimibe, un hypolipémiant déjà bien connu. Menée dans 48 centres aux États-Unis, l’étude a mis en évidence une réduction du LDL de 48,6 %, contre 31,9 % avec l’obicetrapib seul. Selon le magazine scientifique Futura, cette bithérapie a été globalement bien tolérée, avec un niveau d’effets indésirables comparable à celui observé lorsque les traitements sont pris séparément.

Pour les chercheurs, ces associations pourraient à terme s’imposer comme une référence pour les patients les plus difficiles à traiter. Si ces résultats se confirment lors des prochaines phases d’essais et dans la pratique clinique, ils pourraient profondément modifier la prise en charge du cholestérol et réduire de manière significative le fardeau des maladies cardiovasculaires.

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