Malgré les mises en garde de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, les boissons énergisantes restent en vente libre en France. Aucune limite d’âge, aucun avertissement visible. Pourtant, un fait divers outre-Manche vient rappeler leur danger bien réel : au Royaume-Uni, un homme de 50 ans, sans antécédent médical, a été victime d’un AVC après une consommation excessive : huit canettes par jour. Admis à l’hôpital pour un engourdissement du côté gauche, des troubles de l’élocution et de la déglutition, il a été diagnostiqué avec un AVC du thalamus, une région cérébrale impliquée dans le mouvement et la perception sensorielle. Les traitements antihypertenseurs ont d’abord permis de stabiliser sa tension, mais celle-ci est rapidement remontée. L’origine du problème ? Un excès quotidien de boissons énergisantes, révélé lors d’un interrogatoire médical.
Une bombe caféinée trois fois au-dessus du seuil
Avec 160 mg de caféine par canette, l’homme consommait 1 280 mg de caféine par jour soit plus de trois fois la dose maximale recommandée (400 mg). Et encore, ce chiffre ne prend pas en compte la « caféine cachée » : guarana, taurine, ginseng… des composants qui, selon l’étude publiée dans BMJ Case Reports, pourraient démultiplier les effets nocifs de la caféine. Youpi pour l’énergie, danger pour les artères : selon les médecins, c’est bien l’interaction de ces substances qui aurait déclenché l’accident vasculaire.
Sucre, dépendance, troubles du comportement : les autres risques silencieux
Les boissons énergisantes sont aussi des concentrés de sucre. Une étude de 2017 révélait une moyenne de 38,5 g pour 100 ml, soit l’équivalent de plus de deux fois l’apport journalier recommandé… dans une seule canette. À long terme, ces excès favorisent non seulement l’hypertension, mais aussi des troubles anxieux, des épisodes dépressifs, voire une dépendance physique.
Vers une régulation ? Pas en France… pour l’instant
Alors que le gouvernement britannique prépare une loi interdisant leur vente aux moins de 16 ans, plusieurs pays européens ont déjà limité leur accès aux mineurs. En France, aucune mesure de ce type n’est encore à l’ordre du jour. Les médecins, eux, appellent à davantage de vigilance, et suggèrent désormais de poser systématiquement la question de leur consommation en cas d’hypertension inexpliquée. Ce cas britannique n’est peut-être qu’un avertissement, mais il repose une question simple : combien de canettes faudra-t-il encore avant qu’on agisse ?