Tiques : comment se protéger toute l’année contre ces parasites porteurs de maladies
Tiques : comment se protéger toute l’année contre ces parasites porteurs de maladies

Les tiques ne disparaissent pas avec l’arrivée de l’automne ou de l’hiver. Actives toute l’année, ces parasites sont capables de transmettre des maladies potentiellement graves, ce qui rend la vigilance nécessaire en toute saison, alertent les spécialistes.

« On parle plus des tiques en été parce que les gens sont davantage dehors, mais en réalité, chaque saison est une saison à tiques », explique Sam Telford, expert en maladies infectieuses à l’université Tufts. Dans certaines régions des États-Unis, notamment au nord-est, les populations de tiques dépassent cette année les moyennes habituelles. C’est notamment le cas dans le Maine, le Massachusetts et le Rhode Island, selon Telford. L’État de New York, quant à lui, enregistre une hausse des signalements de morsures de tiques à pattes noires (ou tiques du cerf), ajoute Saravanan Thangamani, spécialiste des maladies transmises par les tiques à l’Université SUNY Upstate Medical.

Les tiques se nourrissent de sang, mais contrairement aux moustiques, elles s’installent durablement sur leur hôte. Grâce à leurs pièces buccales en forme de crochet, elles s’ancrent fermement dans la peau d’animaux comme les cerfs, les chiens ou les humains. Si toutes les tiques ne transmettent pas des maladies, certaines espèces sont redoutées, à l’image de la tique à pattes noires, vectrice de la maladie de Lyme. Longtemps cantonnée à la Nouvelle-Angleterre et au Midwest, cette espèce s’étend désormais à d’autres régions du pays.

Heureusement, une morsure de tique ne mène pas toujours à une infection. « Si vous retirez la tique dans les 24 heures après qu’elle s’est accrochée, le risque d’infection est très faible », rassure Telford. Encore faut-il la détecter rapidement. Ces parasites se dissimulent dans les zones herbeuses ou couvertes de feuilles mortes, et s’agrippent aux vêtements ou à la peau au passage. Il est donc essentiel d’inspecter régulièrement ses vêtements et son corps, notamment sous les bras, derrière les oreilles, autour des genoux et dans les cheveux.

Bobbi Pritt, du centre médical de la Mayo Clinic, recommande de faire des contrôles rapides toutes les quelques heures lors de longues sorties, puis de prendre une douche en rentrant : cela permettrait d’éliminer les tiques non encore fixées. En cas de morsure, il faut retirer la tique avec une pince fine, en la saisissant au plus près de la peau. À défaut, on peut utiliser ses ongles ou même le bord d’une carte rigide.

Pour éviter les piqûres, mieux vaut prévenir que guérir. Les sprays anti-insectes contenant du DEET sont efficaces, tout comme les vêtements longs traités au perméthrine, un répulsif dérivé du chrysanthème. Et il ne faut pas oublier les animaux de compagnie : bien que des médicaments préventifs existent, les tiques peuvent encore s’accrocher à leurs oreilles, sous leur collier ou entre leurs doigts. Selon Thangamani, une tique transportée par un chien peut survivre des mois dans une maison avant de trouver un nouvel hôte.

Enfin, après une morsure, il est recommandé de surveiller la zone affectée et de consulter un médecin en cas d’apparition de symptômes grippaux ou de rougeurs dans les jours ou semaines qui suivent. Les autorités sanitaires américaines déconseillent les tests de tiques, jugés peu fiables. En matière de tiques, comme souvent en santé publique, la prudence et la réactivité restent les meilleures protections.

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