La Somalie est confrontée à une recrudescence alarmante de la diphtérie, une maladie évitable par la vaccination, ont annoncé mardi les autorités sanitaires du pays. Selon l’Institut national de la santé, plus de 1 600 cas, dont 87 décès, ont été recensés depuis le début de l’année, soit près du double du total enregistré en 2024, où 838 cas et 56 morts avaient été rapportés.
Le directeur général de l’Institut, Hussein Abdukar Muhidin, a attribué cette aggravation à de graves pénuries de vaccins, aggravées par les réductions de l’aide américaine. Ces difficultés logistiques et financières compromettent la capacité du pays à déployer une couverture vaccinale suffisante pour protéger la population, en particulier les enfants.
La diphtérie, provoquée par une bactérie qui s’attaque principalement aux voies respiratoires et aux ganglions lymphatiques, peut entraîner des complications graves, notamment des troubles respiratoires sévères et une forte fièvre. Si la maladie avait été largement maîtrisée dans le monde grâce à l’introduction du vaccin au milieu du XXe siècle, son retour en Somalie témoigne de la fragilité du système de santé local.
Des centaines de milliers d’enfants somaliens ne sont toujours pas complètement vaccinés, exposant une large partie de la population à des flambées épidémiques. Cette situation inquiète les autorités, qui craignent que l’épidémie ne continue de se propager si des moyens supplémentaires ne sont pas rapidement mobilisés.
La Somalie, qui fait face à une crise humanitaire persistante marquée par l’insécurité, la sécheresse et les déplacements de population, dépend largement de l’aide internationale pour financer ses campagnes de vaccination. La réduction des financements étrangers risque donc de compromettre durablement la lutte contre cette résurgence de maladies infectieuses évitables.