Une récente étude française vient de révéler que les boissons conditionnées dans des bouteilles en verre, bière, soda, thé glacé, vin ou eau, présentent des concentrations en microplastiques plus élevées que celles vendues en bouteilles plastiques. Ces résultats surprenants sont le fruit de recherches menées dans le cadre d’une thèse co-financée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail et la région Hauts-de-France.
L’objectif de cette étude était de quantifier les microplastiques dans différents types de boissons commercialisées en France, tout en évaluant l’influence du matériau de l’emballage.
Des résultats surprenants
Les résultats ont mis en évidence une contamination microplastique allant de cinq à cinquante fois plus importante dans les boissons conditionnées en verre par rapport à celles en plastique ou en canettes. En moyenne, environ 100 particules par litre ont été détectées dans des colas, limonades, thés glacés ou bières vendus en bouteilles de verre.
Les particules retrouvées dans les échantillons présentaient les mêmes caractéristiques (forme, couleur, composition polymérique) que la peinture utilisée pour les capsules métalliques fermant les bouteilles. Cette peinture, souvent micro-rayée par frottement pendant le stockage ou le transport, semble être à l’origine de la contamination.
Concernant l’eau, les résultats se sont révélés plus rassurants, quelle que soit la nature du contenant : les bouteilles en verre contenaient en moyenne 4,5 particules par litre, contre 1,6 pour les bouteilles en plastique ou les briques.
Une pollution omniprésente, mais un impact inconnu
Les boissons sucrées montrent toutefois des niveaux plus élevés de contamination : environ 30 particules par litre dans les colas, 40 dans les limonades, et 80 dans les bières. Ces chiffres corroborent d’autres études internationales. Par exemple, une étude de 2018 publiée dans Frontiers in Chemistry a mis en évidence la présence de microplastiques dans plus de 90 % des bouteilles d’eau analysées dans 9 pays, avec une moyenne de 325 particules par litre.
Pour autant, l’Organisation mondiale de la santé, dans un rapport publié en 2019, a souligné l’absence actuelle de preuves concluantes concernant les effets des microplastiques sur la santé humaine, tout en reconnaissant l’urgence de recherches toxicologiques supplémentaires.
Enfin, le programme européen “PlasticsFatE” (Plastics Fate and Effects in the human body), financé par Horizon 2020, étudie actuellement les mécanismes par lesquels ces particules interagissent avec les tissus humains, en particulier au niveau du microbiote intestinal et des systèmes immunitaires.