L'OMS met en garde contre le recul des naissances saines
‘OMS met en garde contre le recul des naissances saines

Un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) révèle qu’un nombre croissant de femmes accouchent en toute sécurité, avec une baisse de 40 % de la mortalité maternelle au cours des vingt-trois dernières années.

Dans un épisode de l’émission Science en cinq, présentée par Vismita Gupta-Smith et diffusée sur les plateformes officielles de l’OMS, le Dr Femi Oladapo, expert en santé maternelle à l’OMS, a expliqué comment assurer une grossesse et un accouchement sûrs.

Prévention des complications

« La naissance d’un enfant est un événement majeur de la vie, porteur d’espoir, de nouveaux départs et de joie », a déclaré le Dr Oladapo, « mais elle peut aussi être source d’inquiétudes et de complications. Pour vivre une grossesse en bonne santé, les femmes doivent bénéficier de suivis médicaux réguliers et d’une bonne nutrition, deux éléments essentiels pour prévenir les complications. »

Il a précisé que ces consultations incluent des analyses d’urine et de sang, des échographies, un test de glycémie et des contrôles de la pression artérielle, en plus du suivi de la croissance du fœtus.

Signes d’alerte

Le médecin a également souligné certains signes avant-coureurs pouvant annoncer des complications, notamment les saignements vaginaux, les maux de tête sévères ou le gonflement des jambes. Si l’un de ces symptômes survient, il est crucial de consulter un médecin ou de se rendre à l’hôpital immédiatement.

Un problème mondial

La mortalité maternelle demeure un enjeu mondial : en 2023, 260 000 femmes sont mortes de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement.

L’hémorragie est la principale cause de ces décès, représentant plus de 25 % des cas en 2023, soit environ 700 décès de mères par jour — l’équivalent d’un crash d’avion de type jumbo chaque jour.

L’hypertension artérielle, connue sous le nom de prééclampsie, constitue également une cause majeure. Mais le véritable drame, selon le Dr Oladapo, est que nombre de ces décès sont évitables.

L’importance du diagnostic précoce

Il a expliqué que les complications graves, comme les hémorragies post-partum, peuvent être évitées si elles sont diagnostiquées à temps.

Le secret réside dans un dépistage rapide et un traitement efficace. Contrairement à autrefois, où la perte de sang était estimée de manière approximative, l’OMS a mis au point un dispositif appelé « drap gradué », un sac en plastique permettant de mesurer précisément la quantité de sang perdu par la femme.

Une réduction de 60 % de la mortalité

Juste après l’accouchement, ce drap est placé sous les hanches de la femme pour recueillir le sang. Une fois la perte de sang atteignant 500 ml, un protocole de traitement est déclenché dans les 15 minutes.

Dans une étude menée auprès de plus de 200 000 femmes, cette méthode a permis de réduire jusqu’à 60 % les cas d’hémorragie sévère, les interventions chirurgicales et les décès maternels.

Les droits des femmes enceintes

Enfin, le Dr Oladapo a affirmé que toute femme enceinte a le droit de vivre une grossesse, un accouchement et un post-partum sûrs et positifs, dans la dignité et le respect. Elle a aussi le droit d’être accompagnée de la personne de son choix tout au long de cette période, de bouger pendant le travail et de choisir sa position pour accoucher.

Il a conclu en soulignant que les femmes doivent également avoir accès à des antidouleurs et qu’un plan de naissance élaboré avec un professionnel de santé est essentiel pour garantir une grossesse sûre et préserver la santé des mères et des enfants.

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