Moins d'heures, plus de risques : l'alerte du gouvernement sur le sommeil des Français
Moins d'heures, plus de risques : l'alerte du gouvernement sur le sommeil des Français

Le constat est sans appel : en un demi-siècle, les Français ont perdu une heure et demie de sommeil par nuit. Une personne sur cinq ne dort même pas six heures. Face à cette érosion silencieuse du repos nocturne, le gouvernement vient de publier une feuille de route ambitieuse, listant 25 recommandations pour enrayer cette dégradation et replacer le sommeil au cœur de la santé publique. L’enjeu est de taille, car mal dormir ne relève pas d’un simple inconfort : cela multiplie les risques de diabète, de cancer, de troubles mentaux, d’accidents de la route, et compromet l’apprentissage chez les plus jeunes.

Des écrans à l’anxiété, les causes d’un naufrage collectif

Porté par le ministère de la Santé et Santé publique France, ce plan d’action s’inscrit dans le cadre de la grande cause nationale 2025, axée sur la santé mentale. Le sommeil y tient une place stratégique. La liste des coupables est longue : surconsommation d’écrans, sédentarité, horaires de travail déstructurés, bruit, chaleur, consommation d’alcool ou de drogues, sans oublier la fragilité psychique laissée par la crise du Covid. La jeunesse est particulièrement touchée : 70 % des adolescents et un tiers des enfants dorment moins que ce que leur développement exige. Et la fatigue qui en découle impacte mémoire, concentration, humeur, vigilance… y compris au volant, où jusqu’à un accident sur cinq est lié à la somnolence.

Mieux informer, mieux dormir

Pour redresser la barre, cinq axes structurent la feuille de route : valoriser le sommeil comme facteur de santé globale, instaurer de bonnes pratiques dès l’enfance, adapter l’environnement de vie, repérer plus tôt les troubles et renforcer la recherche. La prévention repose notamment sur une meilleure communication à destination des familles via les sites de l’Assurance-maladie, de Santé publique France ou du programme national nutrition santé. Le nouveau carnet de santé intègre déjà une rubrique sommeil. Lecture, chant, musique au coucher sont aussi encouragés, loin des écrans. L’Institut national du sommeil rappelle que les besoins varient : 12 heures à 5 ans, 9 à 10 à l’adolescence, 7 à 8 à l’âge adulte.

La sensibilisation touche également les professionnels de l’enfance et de l’éducation

Bien que le report de l’heure de début des cours à 9h, recommandé par certains experts, ne figure pas dans le document, une meilleure formation des enseignants est prévue. Côté habitat, le programme inclut la lutte contre les nuisances sonores et le développement d’espaces labellisés « QUIET » dans les écoles ou les bibliothèques. Les entreprises ne sont pas oubliées : elles sont invitées à reconsidérer leurs organisations du travail pour préserver le sommeil de leurs salariés. Enfin, pour embarquer le grand public, une application gratuite baptisée « Jardin mental » sera déployée. Suivi du sommeil, conseils pratiques, outils de sensibilisation : tout est prévu pour rappeler que bien dormir n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale.

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