L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a annoncé mardi la fermeture pour une durée indéterminée de sa clinique d’urgence située à Port-au-Prince, en Haïti, invoquant la détérioration rapide de la situation sécuritaire dans la capitale. Cette décision, qualifiée de « dernier recours » par l’ONG, intervient après une série d’attaques et d’affrontements qui ont directement menacé la sécurité de son personnel et de ses patients.
Depuis le mois de mars, MSF avait déjà suspendu temporairement ses activités au dispensaire de Turgeau, un quartier proche d’un lycée et de plusieurs ministères. Lors de l’évacuation du site, les véhicules de l’organisation, pourtant clairement identifiés, avaient été pris pour cible et avaient essuyé quinze tirs. Aucun membre du personnel n’avait alors été blessé, mais l’incident avait mis en lumière la gravité du climat d’insécurité régnant à Port-au-Prince.
Dans un communiqué, MSF a indiqué qu’elle ne pouvait plus garantir la sécurité de ses équipes médicales ni celle des patients se rendant à la clinique. L’organisation a souligné que cette fermeture aura des conséquences dramatiques pour la population locale, déjà privée d’un accès régulier aux soins d’urgence. « Cette décision n’a pas été prise à la légère. Nous restons profondément préoccupés par la situation humanitaire catastrophique qui frappe les habitants de la capitale », a déclaré un responsable de MSF.
Haïti traverse depuis plusieurs années une crise sécuritaire et politique majeure, marquée par la montée en puissance de gangs lourdement armés qui contrôlent aujourd’hui la majorité des quartiers de Port-au-Prince. Ces groupes entravent la distribution de l’aide humanitaire, bloquent les routes et empêchent les habitants de se déplacer en sécurité. Environ trois millions de personnes vivent dans la zone métropolitaine touchée, selon les estimations des Nations unies.
La fermeture de la clinique de Turgeau s’ajoute à une longue liste de services de santé contraints de suspendre leurs activités dans la capitale. MSF appelle une nouvelle fois la communauté internationale à redoubler d’efforts pour restaurer la sécurité et permettre la reprise des opérations médicales dans un pays où l’accès aux soins est devenu presque impossible pour une grande partie de la population.