Repérée ces derniers jours sur les plages du Pays basque et des Landes, Physalia physalis, plus connue sous le nom de Galère Portugaise, inquiète les autorités. Bien qu’elle ressemble à une méduse, cette créature marine n’en est pas une. Et malgré son apparence parfois inoffensive lorsqu’elle échoue sur le sable, elle peut représenter un réel danger pour l’homme, même hors de l’eau.
Une fausse méduse au fonctionnement complexe
Contrairement aux apparences, la Galère Portugaise n’est pas un organisme unique mais une colonie de polypes spécialisés, appelés siphonophores, vivant en symbiose. D’après le CNRS et le programme DORIS, ces polypes assurent différentes fonctions : déplacement, digestion, reproduction ou défense.
Son nom lui vient de son flotteur gorgé de gaz, souvent violacé ou bleuté, qui lui permet de dériver au gré du vent à la surface de l’eau, à la manière d’un navire à voile, d’où la référence aux galères portugaises du XVIe siècle.
Des tentacules invisibles mais redoutables
Sous la surface, le danger est bien plus grand. Physalia physalis possède des tentacules urticants pouvant atteindre jusqu’à 50 mètres de long, capables de capturer et de paralyser de petits poissons grâce à leur venin. Ces tentacules sont si fins qu’ils sont presque invisibles dans l’eau, ce qui augmente le risque de contact accidentel, notamment pour les baigneurs, plongeurs ou surfeurs.
Un venin potentiellement mortel pour l’Homme
Si la piqûre de méduse classique est généralement bénigne sous nos latitudes, celle de la Galère Portugaise est bien plus dangereuse. Son venin, injecté par des cellules spécialisées appelées cnidocytes, peut provoquer des douleurs intenses, similaires à des brûlures, des troubles respiratoires, des paralysies musculaires, des troubles du rythme cardiaque, voire un arrêt cardiaque dans les cas extrêmes.
Des incidents graves ont été recensés, notamment en Australie, où une espèce proche (Physalia utriculus) est responsable de plusieurs accidents mortels chez des enfants et des baigneurs vulnérables.
Un danger persistant même échoué
Contrairement à une idée reçue, la Galère Portugaise reste dangereuse même après avoir échoué sur la plage. Ses tentacules peuvent encore libérer du venin plusieurs heures voire plusieurs jours après sa mort.
C’est pourquoi, dès que des signalements sont effectués, les autorités locales interdisent la baignade (drapeau rouge hissé) et recommandent de ne pas s’approcher ni de toucher l’animal.
Que faire en cas de piqûre ?
En cas de piqûre, ne pas frotter la zone atteinte, rincer abondamment à l’eau de mer (surtout pas à l’eau douce, qui libère plus de venin), retirer les fragments de tentacules avec une pince ou des gants, est appliquer du vinaigre ou immerger dans de l’eau chaude (environ 45 °C) pendant 20 minutes.
En cas de symptômes graves (essoufflement, palpitations, malaise), contacter immédiatement le 15 (SAMU).