L’Union européenne vient de poser un jalon majeur pour la santé des plus jeunes. Un accord a été conclu entre les institutions européennes pour interdire les substances chimiques les plus préoccupantes dans les jouets vendus sur le continent. En ligne de mire : les PFAS, aussi appelés « polluants éternels », et certains perturbateurs endocriniens comme le bisphénol A.
Une protection renforcée pour les enfants
Selon le compromis trouvé jeudi 10 avril entre la Commission, le Parlement européen et les États membres, la commercialisation de jouets contenant ces substances sera interdite dans l’UE d’ici quatre ans et demi. Le règlement vise particulièrement les articles destinés aux tout-petits, comme les jeux de bain, les anneaux de dentition ou les jouets de plage, souvent manipulés ou portés à la bouche.
Les parfums allergènes seront également bannis des objets destinés aux enfants de moins de trois ans. Un délai a été accordé aux industriels afin d’adapter leurs chaînes de production, tandis que certains composants strictement inaccessibles aux enfants pourraient faire l’objet d’exemptions.
Des substances aux effets redoutés
Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont massivement utilisées depuis des décennies pour leurs propriétés antiadhésives et imperméabilisantes. Mais ces composants chimiques, extrêmement stables, s’accumulent dans l’environnement et l’organisme humain. Plusieurs études scientifiques ont mis en lumière des effets potentiels sur le cholestérol, la fertilité, le développement du fœtus, ou encore des risques accrus de cancers.
Pour les eurodéputés engagés sur ce sujet, comme Pascal Canfin (Renew), cette interdiction dans les jouets est une avancée importante, bien que jugée partielle. Une législation plus globale sur l’ensemble des objets du quotidien contenant des PFAS est attendue pour 2026. En attendant, ce texte marque une étape forte pour la protection des enfants et un signal clair aux industriels du secteur.