L’épidémie de grippe qui a frappé la France entre novembre 2024 et février 2025 a été d’une rare violence. Santé publique France dresse un constat inquiétant : la maladie a entraîné près de 30 000 hospitalisations, un nombre record de cas graves en réanimation, et un excès de mortalité estimé à plus de 14 000 décès. Ce bilan fait de cette saison grippale l’une des plus meurtrières de la dernière décennie. Avec 2,7 millions de consultations pour syndrome grippal enregistrées en médecine de ville, et plus de 29 000 hospitalisations après passage aux urgences, les services de santé ont été mis à rude épreuve. Parmi les patients hospitalisés, 60 % étaient âgés de plus de 65 ans, et près de 1 850 cas graves ont été recensés en réanimation, un chiffre bien au-dessus des moyennes habituelles. Le pic de mortalité a été observé à la mi-janvier, en plein cœur de l’hiver.
Vaccination insuffisante et virus multiples : un cocktail explosif
Les experts de Santé publique France pointent plusieurs facteurs pour expliquer cette sévérité inhabituelle. D’abord, la co-circulation simultanée des trois types de virus grippaux saisonniers – un phénomène rare – a décuplé l’ampleur de l’épidémie. Ensuite, la couverture vaccinale a été jugée « insuffisante », notamment chez les populations à risque : seuls 46,5 % d’entre eux étaient vaccinés à la fin février, et à peine un quart des moins de 65 ans concernés par un risque de forme sévère. Autre élément aggravant : l’efficacité du vaccin s’est révélée faible à modérée chez les personnes âgées, et la forte circulation de la grippe dans les établissements scolaires au moment des fêtes a accentué la diffusion du virus. Selon Santé publique France, cette épidémie a été à la fois plus précoce, plus longue et plus intense que les cinq précédentes.