Gaza : les cas de méningite infantile en forte hausse inquiètent les médecins
Gaza : les cas de méningite infantile en forte hausse inquiètent les médecins

Les autorités médicales de la bande de Gaza tirent la sonnette d’alarme face à une recrudescence inquiétante des cas de méningite chez les enfants, dans un territoire déjà ravagé par des mois de conflit. À Khan Younis, dans le sud de l’enclave palestinienne, l’hôpital Nasser accueille chaque jour de nouveaux patients atteints de cette infection potentiellement mortelle, alors que les capacités hospitalières sont proches de l’effondrement.

Selon les médecins sur place, des dizaines de cas ont été recensés dans les régions nord et sud du territoire. Si les chiffres précis sont difficiles à établir en raison du chaos ambiant, les professionnels de santé affirment que la courbe des infections est clairement à la hausse, notamment chez les enfants déplacés vivant dans des camps de fortune surpeuplés.

La méningite, une inflammation des membranes entourant le cerveau et la moelle épinière, peut être causée par des bactéries ou des virus. Dans les cas les plus graves, elle peut entraîner des séquelles irréversibles, voire la mort, surtout en l’absence de traitement rapide. Or, dans Gaza assiégée, les médicaments sont rares, les équipements sont endommagés, et les équipes médicales travaillent dans des conditions extrêmes.

« Le manque de nutrition affaiblit les défenses immunitaires des enfants, ce qui les rend beaucoup plus vulnérables à des infections comme la méningite », explique un pédiatre de l’hôpital Nasser, épuisé. Il pointe également du doigt la promiscuité et l’insalubrité dans lesquelles vivent des milliers de familles déplacées, souvent sans eau potable ni accès à l’hygiène de base. Des facteurs aggravants qui favorisent la propagation rapide des maladies.

Les infrastructures sanitaires de Gaza sont au bord de l’effondrement. De nombreux établissements ont été détruits ou partiellement endommagés par les bombardements. Ceux qui restent ouverts, comme l’hôpital Nasser, sont débordés, manquent de personnel, de médicaments, de matériel de diagnostic et de lits. Des enfants fiévreux, aux membres raides et souffrant de maux de tête aigus, attendent souvent des heures avant d’être examinés.

Les ONG humanitaires présentes dans la région appellent à une intervention urgente pour acheminer des fournitures médicales, améliorer les conditions sanitaires dans les camps, et prévenir la propagation d’autres épidémies. Mais les accès restent limités en raison des hostilités et des restrictions imposées aux convois humanitaires.

Face à cette situation sanitaire critique, les médecins de Gaza lancent un appel à l’aide. « Nous sommes à court de tout », confie un médecin. « Si l’épidémie s’aggrave, nous ne pourrons pas faire face. » Une détresse humanitaire de plus dans un territoire où les enfants sont déjà les premières victimes d’un conflit sans issue.

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