En Ouganda, des cours de fitness aident les femmes âgées à lutter contre l'obésité et le diabète
En Ouganda, des cours de fitness aident les femmes âgées à lutter contre l'obésité et le diabète

Dans le village de Kivubuka, à l’est de l’Ouganda, une scène pleine de vie se joue chaque semaine : des femmes âgées, en robes longues et jupes traditionnelles, rient et s’encouragent alors qu’elles courent en binôme, main dans la main, sur un terrain de jeu poussiéreux. Ce moment de convivialité fait partie d’un programme de fitness communautaire qui entend répondre à un enjeu de santé publique croissant : la lutte contre les maladies non transmissibles telles que l’obésité, le diabète, l’hypertension ou les maladies cardiovasculaires.

L’initiative, lancée il y a cinq ans, a déjà attiré plus de 1 000 participants, en majorité des femmes de plus de 50 ans. Dans une société où les services de santé préventifs restent limités, ce projet offre un espace de bien-être physique mais aussi de soutien social, crucial pour les femmes âgées souvent marginalisées dans les campagnes ougandaises.

L’objectif est double : sensibiliser les participantes aux bienfaits de l’activité physique régulière et leur offrir une alternative concrète à la sédentarité croissante, favorisée par des changements de mode de vie et de régime alimentaire. « Nous avons constaté une explosion des cas de diabète de type 2 et d’hypertension chez les femmes âgées », explique une responsable du programme. « Ces cours leur permettent non seulement de se maintenir en forme, mais aussi de retrouver confiance en elles et de briser l’isolement. »

La progression des maladies non transmissibles représente une menace silencieuse pour les pays africains, longtemps concentrés sur les maladies infectieuses. En Ouganda, les autorités sanitaires alertent sur une transition épidémiologique accélérée, liée à l’urbanisation, aux évolutions alimentaires et au vieillissement de la population. Les femmes rurales, souvent peu informées des risques et peu suivies médicalement, sont parmi les plus exposées.

Ce type d’initiative communautaire s’inscrit dans un effort plus large visant à renforcer la prévention en matière de santé publique. En plus des exercices physiques, le programme comprend des séances de sensibilisation à la nutrition, à la gestion du stress et au dépistage régulier du diabète et de la tension artérielle.

Pour ces femmes, il ne s’agit pas seulement de faire de l’exercice, mais aussi de retrouver une place active dans la société. « Quand nous sommes ensemble ici, nous rions, nous bougeons et nous nous sentons vivantes », confie une participante. Une manière simple, mais puissante, de lutter contre la maladie – et contre l’oubli.

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