Algues vertes dans les Côtes-d’Armor : alerte au gaz toxique 
Algues vertes dans les Côtes-d’Armor : alerte au gaz toxique 

À Hillion, dans les Côtes-d’Armor, l’été a brutalement tourné au vert fluo. Le 14 juillet à l’aube, les capteurs d’Air Breizh ont déclenché une alerte : un taux d’hydrogène sulfuré de 1,042 ppm a été mesuré sur la plage de Saint-Guimond, dépassant le seuil critique de 1 ppm fixé par le Haut Conseil de la santé publique. Cette concentration du gaz toxique (H₂S), issu de la décomposition des algues vertes échouées, a conduit les autorités à réagir dans l’urgence. Dès le vendredi précédent, la maire de Hillion avait anticipé l’épisode en fermant temporairement l’accès à la plage par arrêté municipal. Une mesure conservatoire, désormais justifiée par les données alarmantes. La préfecture des Côtes-d’Armor a immédiatement placé la zone en alerte sanitaire, conformément au plan national de lutte contre les algues vertes. Le dispositif prévoit une surveillance accrue, avec deux bulletins quotidiens diffusés à 11h et 16h, et le maintien des restrictions tant que deux journées consécutives sans dépassement du seuil ne sont pas enregistrées.

Un phénomène connu mais toujours redouté

Le phénomène n’est pas nouveau sur le littoral breton, mais sa répétition renforce l’inquiétude locale. Le 19 juin, moins d’un mois avant cet épisode, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s’était rendue à Hillion pour observer de près la problématique des algues vertes. Cette visite politique, symbolique, souligne l’attention nationale portée à ce fléau environnemental récurrent, dont les effets sanitaires sont bien documentés. Les consignes de sécurité sont désormais strictes : éviter toute présence dans les zones balisées, ne pas s’approcher des zones de ramassage, éloigner les enfants et les personnes vulnérables. En cas d’odeur d’œuf pourri, signe typique d’émission de H₂S, les autorités recommandent de quitter immédiatement les lieux. Des symptômes comme des maux de tête, des irritations ou des toux doivent alerter ; pour les formes plus graves, l’appel aux urgences est impératif.

À Hillion, les souvenirs du drame de 2009 restent vivaces 

Un joggeur y avait trouvé la mort à la suite d’une intoxication au sulfure d’hydrogène. Récemment, l’État a été condamné à verser 330 000 euros à sa famille. Ce précédent judiciaire a renforcé la vigilance des collectivités locales, mais aussi la responsabilité des pouvoirs publics dans la gestion des zones exposées. Si la plage de Saint-Guimond reste fermée jusqu’à nouvel ordre, la population locale et les vacanciers doivent composer avec un risque invisible mais bien réel. L’alerte pourrait être levée après le 15 juillet à 16h, sous réserve de deux journées stables. En attendant, la nature bretonne rappelle une fois de plus que la beauté de ses paysages ne doit pas faire oublier la dangerosité de certains de ses excès.

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