La santé mentale des adolescentes et des jeunes femmes continue de se détériorer en France. En 2024, les hospitalisations pour tentatives de suicide ou automutilations ont connu une nette augmentation, notamment chez les très jeunes filles âgées de 10 à 14 ans, selon les dernières données publiées par la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) ce mercredi 18 juin.
Des chiffres alarmants chez les plus jeunes
Parmi les 82 000 hospitalisations recensées pour des gestes auto-infligés, une large majorité (64 %) concernait des femmes. La hausse est particulièrement marquée chez les adolescentes : +22 % d’hospitalisations chez les 10-14 ans, +14 % chez les 15-19 ans. La tendance est aussi perceptible chez les 20-24 ans (+4 %) et les 25-29 ans (+9 %), ces deux classes d’âge représentant les plus fortes proportions de patientes hospitalisées. Ces chiffres excluent les passages aux urgences sans hospitalisation ainsi que les soins psychiatriques en dehors de l’hôpital. Pourtant, ils traduisent une réalité inquiétante : après une baisse liée à la pandémie en 2020, la courbe des hospitalisations n’a cessé de grimper, inversant la stabilité observée entre 2013 et 2019. Du côté des hommes, la hausse est également significative, bien que les hospitalisations restent moins nombreuses que chez les femmes. Chez les 15-19 ans, elles progressent de 17 %, de 8 % chez les 20-24 ans, et de 7 % chez les 25-29 ans.
Un phénomène mondial qui interroge
Selon la Drees, cette dégradation de la santé mentale des jeunes femmes et adolescentes, observée dans de nombreux pays depuis les années 2010, a été exacerbée par la crise sanitaire. Les causes demeurent difficiles à isoler, mais une piste semble se détacher : le rôle potentiellement néfaste des réseaux sociaux, à la fois dans les comportements addictifs, les violences numériques et les pressions sociales spécifiques qu’ils exercent sur ces tranches d’âge. Malgré l’annonce récente d’un plan pour la santé mentale par le gouvernement, les professionnels du secteur ont exprimé leur déception, jugeant les mesures insuffisantes face à l’ampleur du problème. Alors que 2025 a été proclamée grande cause nationale dédiée à la santé mentale, la situation continue de se dégrader pour une part croissante de la jeunesse.