Alors que plus de neuf millions de Français ont eu recours en 2024 aux benzodiazépines, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) tire la sonnette d’alarme. Ce jeudi 10 avril, elle lance une campagne de sensibilisation pour alerter sur les dangers d’un usage prolongé de ces anxiolytiques et somnifères, dont 40 % des prescriptions ne respecteraient pas les recommandations médicales.
Ces médicaments, parmi lesquels figurent le Xanax, le Lexomil ou encore le Temesta, sont censés être prescrits pour des durées très courtes : trois semaines maximum pour l’insomnie, trois mois pour l’anxiété. Pourtant, près de 3,6 millions de patients suivraient des traitements trop longs, avec des risques sanitaires importants : dépendance, somnolence, troubles de la mémoire et risque de chute, en particulier chez les plus de 65 ans, qui représentent à eux seuls la moitié des utilisateurs.
Une campagne choc pour un changement de pratiques
L’ANSM cible également les moins de 25 ans, chez qui la consommation explose. Pour toucher tous les publics, la campagne de sensibilisation prévoit des messages percutants dans la presse, sur les réseaux sociaux et même sur des taxis : « Les médicaments pour l’anxiété, c’est pour une courte durée. Voir ses potes, c’est non-stop ».
Face à la banalisation de ces traitements, l’agence encourage aussi les médecins à privilégier les alternatives : activité physique, relaxation, thérapies comportementales ou encore méditation. Elle demande enfin aux laboratoires de produire des boîtes plus petites, de cinq à sept comprimés, pour éviter les stocks inutiles dans les foyers. Avec 34 gélules avalées par habitant et par an, la France reste l’un des plus gros consommateurs de benzodiazépines en Europe. Une dépendance collective que l’ANSM espère commencer à enrayer.