Invitée ce matin sur BFMTV, la mère d’Elias, adolescent de 14 ans tué à Paris après une agression après d’un stade de football, a dénoncé le refus d’une rencontre avec les magistrats ayant suivi les deux mineurs mis en cause avant le drame. Face à ce qu’elle décrit comme un mur institutionnel, elle affirme désormais ne plus vouloir demander, mais exiger des réponses. « C’est pas une demande, en fait, c’est fini les demandes. C’est fini, notre enfant, il est mort, il a été assassiné par des prédateurs. Par des prédateurs qui étaient connus des juges des enfants », a-t-elle déclaré.
« Ces hauts magistrats nous méprisent«
La famille d’Elias réclame un échange avec les juges des enfants intervenus dans le suivi des deux mineurs. D’après la mère de l’adolescent, ce dialogue lui est refusé par de hauts magistrats. « Aujourd’hui, nous nous opposons à la décision de ces hauts magistrats qui, finalement, nous méprisent. Donc, du mépris, naît la révolte. Donc, aujourd’hui, nous sommes une famille unie. Nous avançons avec force et honneur. Et nous allons exiger que cette rencontre ait lieu », affirme-t-elle. Malgré cette colère, elle précise que les magistrats concernés ne sont pas nommés publiquement. « Nous continuons d’être respectueux. Nous ne nommons pas ces juges, nous ne jetons pas leurs noms en pâture. »
« Ils protègent leur corporation«
Parmi les trois juges des enfants concernés, l’une aurait, selon la mère d’Elias, souhaité rencontrer les proches de l’adolescent : « Parmi ces trois juges des enfants, il y en a une qui a émis le souhait de nous rencontrer. Qui a dit : moi, j’aimerais bien rencontrer la famille d’Elias. Parce que je veux bien, déjà, humainement, échanger. Et cela lui a été refusé. Ces hauts magistrats protègent leur corporation. Et se sont dit : ouh là, non, pas du tout. Pas de dialogue, pas de rencontre. Alors qu’en fait, ça serait si simple. »
Des signalements dès 2021
Le parcours judiciaire des deux mineurs a été rappelé au cours de l’entretien. Ils ont été signalés pour un premier fait de vol et de port d’arme en 2021, puis déférés en 2023. Le 22 septembre, alors qu’ils se trouvaient dans une mise à l’épreuve éducative, l’un des jeunes a récidivé pour des violences en réunion, avec coups de pied et coups de poing sur une victime. Une convocation a ensuite été fixée quatre mois plus tard. L’audience de culpabilité a été renvoyée, notamment en raison de l’arrêt maladie d’un juge. Au total, neuf mois se seraient écoulés, au lieu du délai de trois mois maximum évoqué pendant l’interview.
La récidive du 27 octobre 2024
La mère d’Elias rectifie ensuite un point du déroulé : selon elle, le 27 octobre 2024, les deux mineurs auraient récidivé ensemble : « Les deux autres, ceux qui vont être les meurtriers de mon enfant, les deux autres récidivent ensemble, et la juge des enfants, le 30 octobre, lorsqu’elle les reçoit, elle dit : vous avez une interdiction de rentrer en contact. »
Cette interdiction de contact est au cœur des griefs de la famille. Les deux adolescents habitaient dans la même résidence. Interrogée sur cette proximité, la mère d’Elias explique s’être rendue sur place pour comprendre comment une telle mesure avait pu être décidée dans ces conditions.
« Ils se voyaient chacun de leurs fenêtres«
« Ça me semblait tellement impensable que je suis allée dans cette résidence, ce d’autant qu’Elias est mort au pied de cette résidence », raconte-t-elle.
Le stade où jouait Elias se trouvait à proximité. Pour la mère de l’adolescent, les deux mineurs mis en cause avaient un mode opératoire déjà installé. « C’est des délinquants multirécidivistes. Je pense que finalement, le terme de prédateur est assez juste, puisqu’en fait, ils ont toujours le même mode opératoire. Ils sont deux, ils vont terroriser des mineurs, aux abords, le plus souvent, de ce stade. Donc, ils descendent de chez eux, et hop, ils vont voler un téléphone, une doudoune, une trottinette. »
En arrivant sur les lieux, elle dit avoir constaté elle-même la proximité entre la résidence des suspects et l’endroit où son fils a été tué. « J’ai eu besoin, finalement, en voyant le lieu où est décédé Elias, ce lieu où je me suis allongée à côté de lui, ce lieu où je reste finalement physiquement allongée depuis le 24 janvier, je me suis aperçue que leur résidence était à côté, et qu’ils se voyaient chacun de leurs fenêtres. »
« De ce mépris, va naître notre révolte, voire notre vengeance.«
La mère d’Elias insiste sur le fait qu’elle ne cherche pas à nourrir une hostilité de principe contre la justice. Son reproche porte sur le silence opposé à la famille et sur l’absence de rencontre avec les magistrats concernés. « J’ai pas envie d’avoir de haine ni d’animosité contre la justice, mais aujourd’hui, en ne nous répondant pas, en ne nous rencontrant pas, c’est la justice qui nous méprise », déclare-t-elle. Puis vient l’avertissement final : « Et de ce mépris, je le rappelle, va naître notre révolte, voire notre vengeance. » Et on ne peut que la comprendre…
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