Une femme kamikaze présumée a tué au moins 12 personnes vendredi soir dans un attentat suicide sur un marché aux poissons très fréquenté de l’État de Borno, au nord-est du Nigeria, a annoncé la police samedi. Plusieurs dizaines d’autres personnes ont été blessées dans cette attaque, survenue dans une région en proie depuis des années à une insurrection djihadiste.
Selon le porte-parole de la police de l’État, Nahum Kenneth Daso, la femme portait un engin explosif improvisé attaché à son corps. Elle s’est introduite au milieu de la foule avant de déclencher sa charge au sein du marché, situé dans la ville de Gwoza, un point névralgique proche de la frontière camerounaise.
« Les blessés ont été transportés d’urgence à l’hôpital », a précisé Daso dans un communiqué. Des témoins sur place évoquent une scène de chaos après l’explosion. Des habitants ont affirmé qu’au moins 30 personnes avaient été blessées, certains grièvement, ce qui laisse craindre un bilan plus lourd dans les heures à venir.
L’État de Borno est depuis plus de 16 ans l’épicentre de l’insurrection menée par le groupe islamiste armé Boko Haram, responsable de milliers de morts et du déplacement de plus de deux millions de personnes. Bien que la violence ait diminué par rapport aux années les plus intenses du conflit, les attaques ciblant les civils restent fréquentes, notamment dans les zones rurales et les marchés.
L’usage de femmes kamikazes, souvent jeunes et parfois sous influence ou contraintes, est une méthode tragiquement familière dans cette région, où les groupes armés cherchent à maximiser l’impact psychologique de leurs attentats.
Les autorités nigérianes ont renforcé la sécurité autour des marchés et des lieux publics dans plusieurs villes du nord-est, alors que les habitants craignent d’autres attaques. Le gouvernement fédéral reste sous pression pour améliorer la sécurité dans une région épuisée par des années de conflit et d’instabilité.