Urgence en Adriatique : les scientifiques croates sonnent l’alarme pour sauver les prairies de posidonies
Urgence en Adriatique : les scientifiques croates sonnent l’alarme pour sauver les prairies de posidonies

DUGI OTOK, Croatie – Dans les eaux turquoise de la mer Adriatique, au large de l’île de Dugi Otok, des biologistes marins croates multiplient les plongées pour observer de près l’état alarmant des herbiers de posidonies, menacés par les activités humaines. Ce précieux écosystème, fondamental pour la santé marine méditerranéenne, fait face à une dégradation rapide due à l’ancrage sauvage des bateaux, au tourisme de masse et au changement climatique.

Connue sous le nom scientifique Posidonia oceanica, la posidonie – baptisée ainsi en hommage au dieu grec de la mer, Poséidon – joue un rôle écologique essentiel. Cette plante marine, souvent confondue avec une algue, forme des prairies sous-marines qui abritent une biodiversité riche, protègent les rivages de l’érosion, oxygènent l’eau et participent activement au stockage du carbone. Pourtant, malgré leur importance vitale, ces herbiers sont aujourd’hui en danger.

« Il est urgent d’agir », déclare un biologiste du parc naturel de Telascica, où les chercheurs mènent actuellement une étude approfondie sur l’état des prairies. « Ces plantes poussent très lentement. Si une zone est détruite, il faut des décennies pour qu’elle se régénère, voire jamais si la dégradation continue. »

Parmi les principales menaces identifiées figurent les ancres des bateaux de plaisance, qui labourent les fonds marins, arrachant les herbiers sur leur passage. Le développement côtier, les rejets polluants et l’augmentation de la température de l’eau compliquent encore davantage la survie de cette espèce endémique de la Méditerranée.

Les chercheurs réclament l’instauration de zones d’interdiction d’ancrage, des campagnes de sensibilisation à destination des plaisanciers et la mise en place de bouées écologiques pour limiter les dommages. À plus long terme, ils espèrent aussi que les pouvoirs publics renforceront la protection légale des zones les plus sensibles.

« Nous devons changer de cap maintenant si nous voulons léguer une mer saine aux générations futures », alerte l’équipe scientifique. Car en perdant les prairies de posidonies, c’est tout un équilibre marin – et les services écosystémiques qu’il fournit à l’humanité – qui s’effondre silencieusement sous la surface.

Partager