Les États-Unis et le Royaume-Uni devraient annoncer ce jeudi un accord commercial visant à réduire certains droits de douane, une première depuis le lancement par le président américain Donald Trump de sa guerre tarifaire mondiale en avril dernier. Une déclaration conjointe est attendue à 14h00 GMT, lors d’une conférence de presse prévue dans le Bureau ovale à Washington, selon les annonces de Trump sur la plateforme Truth Social.
Cet accord porterait principalement sur les secteurs de l’acier et de l’automobile, touchés de plein fouet par des droits de douane américains de 25 %. En contrepartie, Londres accepterait de réduire ses propres taxes sur les véhicules américains et de supprimer la taxe sur les ventes numériques, actuellement appliquée aux géants technologiques américains opérant au Royaume-Uni. Toutefois, le gouvernement britannique a clairement exclu toute modification de ses normes alimentaires, refusant d’ouvrir davantage son marché aux produits agricoles américains.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer devrait lui aussi s’exprimer dans la journée, alors que deux sources proches du dossier ont confirmé que les grandes lignes de l’accord seraient présentées. « Les États-Unis sont un allié indispensable pour notre économie et notre sécurité », a déclaré un porte-parole de Downing Street, soulignant que les discussions se poursuivent à un rythme soutenu.
Le statut du tarif général de 10 %, imposé par Trump à la majorité des pays — y compris le Royaume-Uni —, reste cependant incertain. Mais même si l’accord n’allège que partiellement la pression douanière, son poids politique est notable pour les deux pays. Pour les États-Unis, il pourrait marquer un premier geste d’apaisement dans un contexte international sous tension, notamment alors que des négociations avec la Chine sont prévues en Suisse ce week-end. Pour le Royaume-Uni, il s’agit de protéger ses exportations les plus sensibles tout en renforçant ses relations commerciales post-Brexit, notamment après avoir conclu un nouvel accord avec l’Inde.
Cette annonce intervient dans un contexte économique tendu. La guerre commerciale menée par Washington a provoqué des secousses sur les marchés financiers et relancé les craintes d’un ralentissement économique global. Le FMI a récemment revu à la baisse ses prévisions de croissance pour les grandes économies, pointant directement l’impact des nouveaux tarifs douaniers. Dans ce climat incertain, tout signe de désescalade commerciale est scruté de près par les investisseurs et les partenaires économiques des États-Unis.