La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a vigoureusement défendu son action lundi devant le Parlement européen à Strasbourg, alors qu’une motion de censure portée par des députés d’extrême droite menace symboliquement son mandat. Bien que ce vote, prévu pour jeudi, ait peu de chances d’aboutir – la majorité des deux tiers requise étant hors de portée – il met en lumière des fractures politiques croissantes au sein de l’Union européenne.
Le texte a été introduit par un groupe de députés menés par le nationaliste roumain Gheorghe Piperea, qui accuse la Commission de gouverner de manière « opaque » et de « susciter des craintes d’abus et de corruption ». Devant l’hémicycle, il a fustigé une gouvernance jugée discrétionnaire, pointant notamment des décisions prises sans consultation suffisante du Parlement européen.
Ursula von der Leyen, ancienne ministre allemande de la Défense et présidente de la Commission depuis 2019, a répondu sans détour à ces critiques. Elle a défendu son bilan, notamment sa gestion de la crise du COVID-19, soulignant que son équipe avait assuré un accès équitable aux vaccins pour tous les États membres. « C’est l’Europe de la solidarité que j’aime, et c’est l’Europe que les extrémistes détestent », a-t-elle lancé, sous les applaudissements d’une partie des parlementaires.
Tout en rejetant les accusations portées contre elle, von der Leyen a reconnu la nécessité de renforcer le dialogue avec les eurodéputés. « Je tiens à dire que j’entends clairement vos préoccupations », a-t-elle affirmé, se disant déterminée à collaborer avec le Parlement « à chaque étape ». Ce message semble s’adresser à certains élus centristes eux-mêmes critiques de son style de gouvernance, jugé trop vertical.
Même si les grands groupes centristes – notamment les sociaux-démocrates, les libéraux et son propre Parti populaire européen (PPE) – ont clairement indiqué qu’ils ne soutiendraient pas la motion, le débat a mis en évidence des tensions internes. Plusieurs élus centristes ont dénoncé les alliances ponctuelles du PPE avec des partis d’extrême droite sur des dossiers sensibles comme l’immigration ou le climat.
Cette motion de censure, bien que vouée à l’échec, arrive à un moment délicat pour Ursula von der Leyen. Sa Commission est actuellement engagée dans des négociations commerciales tendues avec les États-Unis pour éviter l’imposition de nouveaux droits de douane sur les produits européens. Ce contexte renforce la pression sur l’exécutif européen, déjà confronté à un paysage politique fragmenté à l’approche des prochaines échéances électorales.