Ce jeudi 6 février, l’Assemblée nationale a été le théâtre d’une vive passe d’armes entre la députée mahoraise Estelle Youssouffa (Liot) et Sébastien Delogu (LFI) lors des débats sur la proposition de loi visant à durcir les conditions d’accès au droit du sol à Mayotte. Alors que Delogu se vantait d’avoir organisé des collectes de dons pour l’île dévastée par le cyclone Chido, Youssouffa a répliqué avec véhémence : « Pendant que vous faisiez votre petite tournée des popotes, j’étais sur mon île avec la population qui n’a plus rien ! Et vous venez vous vanter d’aller faire votre charité ? Mais vous êtes sérieux ? Vous n’avez plus aucune décence. »
Accusant les Insoumis d’avoir abandonné les Mahorais, Youssouffa a rappelé que LFI s’était soit abstenue, soit avait voté contre des mesures d’urgence pourtant essentielles après la catastrophe. « Puisque vous aimez parler d’archéologie des votes, parlons-en ! Quand il s’agissait de soutenir une loi pour sauver Mayotte, où étiez-vous ? » a-t-elle asséné, sous les applaudissements du Rassemblement national.
L’échange s’est encore enflammé lorsque Raphaël Arnault, autre député insoumis, a évoqué sa participation à un concert de soutien. « Je suis allé à un concert, vive l’amitié », a-t-il déclaré, provoquant l’exaspération de Youssouffa : « On parle du drame de Mayotte, et vous, c’est “la musique et puis voilà” ? C’est comme ça que vous prenez la situation ? »
Ce débat électrique s’est inscrit dans le contexte tendu de l’adoption de la proposition de loi portée par Les Républicains pour tripler la durée de résidence nécessaire à l’obtention de la nationalité française pour les enfants nés à Mayotte. Le texte, voté à 179 voix contre 93, illustre la fracture entre une droite déterminée à lutter contre l’immigration clandestine et une gauche accusée d’abandonner les préoccupations de terrain au profit de postures idéologiques.