Le président américain Donald Trump a exprimé son souhait d’interdire le vote par correspondance lors des élections fédérales, un mode de scrutin utilisé massivement par les électeurs américains. Lors des élections générales de 2024, environ 30 % des bulletins avaient été envoyés par courrier, selon la Commission d’assistance électorale américaine.
Toutefois, Trump ne dispose pas d’une autorité légale claire pour mettre en œuvre une telle interdiction. Le système électoral américain est fortement décentralisé : ce sont les États qui fixent la plupart des règles électorales, y compris celles encadrant le vote anticipé et le vote par correspondance. Le rôle du gouvernement fédéral se limite principalement à garantir le respect des droits constitutionnels et à assurer des standards minimaux.
En théorie, ses alliés républicains au Congrès pourraient tenter d’adopter une législation fédérale interdisant le vote par correspondance pour les scrutins nationaux. De même, les assemblées législatives contrôlées par les républicains dans plusieurs États pourraient voter des restrictions locales. Mais une telle démarche serait immédiatement contestée en justice, les tribunaux devant trancher sur la compatibilité avec la Constitution et avec le droit de vote garanti aux citoyens.
Ces dernières années, le vote par correspondance est devenu un sujet de clivage politique majeur. Les démocrates le défendent comme un outil essentiel d’accessibilité électorale, notamment pour les personnes âgées, les électeurs en déplacement ou ceux vivant dans des zones rurales. Trump et une grande partie du camp républicain l’accusent en revanche d’ouvrir la voie à des fraudes électorales, malgré l’absence de preuves systématiques étayant ces affirmations.
Ainsi, si le président peut plaider pour une réforme et encourager son camp à légiférer, il ne peut pas, seul, interdire le vote par correspondance. Toute tentative d’imposer une telle interdiction se heurterait à des obstacles juridiques et constitutionnels considérables, promettant une bataille politique et judiciaire de grande ampleur à l’approche de la présidentielle de 2028.