Trump conclut sa tournée dans le Golfe par des accords massifs sur l’IA et l’énergie avec les Émirats arabes unis
Trump conclut sa tournée dans le Golfe par des accords massifs sur l’IA et l’énergie avec les Émirats arabes unis

ABOU DHABI — Le président américain Donald Trump a clôturé vendredi sa tournée de quatre jours dans le Golfe par une série d’accords majeurs avec les Émirats arabes unis, portant notamment sur l’intelligence artificielle et l’énergie. Ces engagements, dont la valeur dépasse les 200 milliards de dollars, visent à renforcer les liens économiques bilatéraux et à stimuler l’économie américaine à l’approche de l’élection présidentielle.

Au cœur de ces annonces figure un accord qui permettra à Abou Dhabi d’acheter certains des semi-conducteurs d’intelligence artificielle les plus avancés auprès d’entreprises américaines. Un geste stratégique, alors que les Émirats cherchent à s’imposer comme un acteur central de l’IA tout en jonglant avec leurs alliances entre Washington et Pékin. Trump a précisé que ces technologies sensibles seraient conditionnées à des mesures de sécurité, notamment la gestion des centres de données par des entreprises américaines.

« C’est un très gros contrat », a déclaré Trump depuis la capitale émiratie. « Cela générera des milliards de dollars d’activité et accélérera les ambitions des Émirats dans l’intelligence artificielle. »

Dans le domaine de l’énergie, les Émirats arabes unis ont annoncé un plan visant à porter leurs investissements dans le secteur énergétique américain à 440 milliards de dollars d’ici 2035, contre 70 milliards actuellement. Sultan Al Jaber, PDG d’ADNOC et ministre de l’Industrie, a également annoncé un nouvel investissement de 60 milliards dans des projets pétroliers et gaziers en amont, en partenariat avec des géants américains comme ExxonMobil, Occidental Petroleum et EOG Resources.

Trump a aussi obtenu un engagement de 14,5 milliards de dollars d’Etihad Airways pour l’achat de 28 avions Boeing, consolidant ainsi un pilier de la fabrication américaine.

La visite du président américain s’est volontairement concentrée sur les aspects commerciaux, délaissant les dossiers brûlants du Moyen-Orient, notamment la guerre à Gaza. Toutefois, Trump a suscité la surprise en annonçant la levée des sanctions américaines contre la Syrie, à la demande de l’Arabie saoudite. Cette décision a permis à Damas de signer un protocole d’accord avec DP World pour développer le port de Tartous à hauteur de 800 millions de dollars.

Interrogé sur l’absence de consultation d’Israël à ce sujet, Trump a répondu : « Je ne leur ai pas posé la question. J’ai pensé que c’était la bonne chose à faire. » Il a exhorté le président syrien Sharaa à normaliser ses relations avec Israël via les accords d’Abraham.

Enfin, Trump a réaffirmé qu’un accord nucléaire avec l’Iran était « proche » et que Téhéran devait agir « rapidement » pour éviter « quelque chose de grave ». Ces déclarations laissent entrevoir une diplomatie américaine toujours axée sur les leviers économiques et unilatéraux, au cœur d’une région en pleine recomposition.

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