SAN JOSÉ – Le président du Costa Rica, Rodrigo Chaves, fait face à de graves accusations de financement illicite de campagne, selon une annonce faite lundi par le bureau du procureur général du pays. L’affaire implique également six autres hauts responsables de son gouvernement, dont le ministre des Affaires étrangères André Tinoco et l’un des vice-présidents, Stephan Brunner.
Le parquet a officiellement demandé à la Cour suprême de justice la levée de l’immunité présidentielle de Chaves, une condition nécessaire pour permettre des poursuites judiciaires. Si la requête est acceptée, cela ouvrirait la voie à une mise en examen du chef de l’État pour des irrégularités présumées dans le financement de sa campagne présidentielle, qui l’a mené au pouvoir en mai 2022.
Les autorités judiciaires n’ont pas encore détaillé publiquement les éléments de preuve ou le montant des sommes en cause, mais la procédure marque un tournant potentiellement explosif dans la politique costaricienne, pays souvent considéré comme l’un des plus stables d’Amérique latine.
Rodrigo Chaves, ancien économiste de la Banque mondiale, avait axé sa campagne sur la lutte contre la corruption et le renouveau de la classe politique. Ces accusations, si elles sont confirmées, pourraient éroder sa légitimité et affecter les équilibres institutionnels du pays, alors que plusieurs réformes économiques sont en cours.
L’opposition a rapidement réagi en réclamant la transparence et en appelant à une enquête impartiale. Dans l’attente d’une décision de la Cour suprême sur la levée d’immunité, le gouvernement de Chaves reste officiellement silencieux sur le fond du dossier.
Cette affaire judiciaire pourrait avoir des répercussions diplomatiques également, alors que Chaves s’était récemment exprimé sur la scène internationale, notamment à la Conférence des Nations Unies sur les océans (UNOC3) tenue à Nice, en France.