Sandwichs invendus : un licenciement qui scandalise jusqu’au sommet de l’État
Sandwichs invendus : un licenciement qui scandalise jusqu’au sommet de l’État

Il avait donné à manger à ceux que tout le monde oublie. Il a été licencié pour faute grave. Sabri, employé de comptoir depuis trente ans à l’aéroport d’Aix-Marseille, a été remercié en mars par le groupe SSP, qui exploite notamment les enseignes Starbucks et Prêt-à-Manger. Motif : avoir redistribué à des sans-abri et à des agents de l’aéroport des sandwichs invendus promis à la poubelle.

Trente ans de service, et la porte pour avoir fait preuve d’humanité

Chaque soir, Sabri donnait discrètement les produits invendus à des SDF — qu’il estime à une petite centaine — mais aussi à des agents de sécurité, femmes de ménage, techniciens. Une sorte de solidarité quotidienne, tolérée selon lui par sa hiérarchie, et devenue une habitude dans ce terminal que les oubliés du système peuplent en silence. Pourtant, cela n’a pas suffi : la direction a tranché. Ce geste, pourtant salué par beaucoup, serait une violation des règles internes. Le groupe SSP, gestionnaire des enseignes de restauration, a défendu son choix : les produits invendus doivent être jetés, sauf accord contractuel. Tout doit être tracé, enregistré dans un logiciel, et aucune marchandise ne doit quitter les lieux, même si elle est condamnée à finir dans un container.

Un licenciement qui choque jusqu’aux responsables politiques

Avec Sabri, trois autres salariés sont également tombés. Mais leur cas n’a pas fait autant de bruit. L’employé licencié a annoncé vouloir saisir les prud’hommes, bien qu’il n’ait aucun regret. « Fier d’avoir donné à manger », affirme-t-il. L’affaire a pris de l’ampleur durant le week-end. Olivier Faure, patron du Parti socialiste, a dénoncé une décision « doublement inhumaine », promettant de boycotter les enseignes concernées. Une vague d’indignation se propage sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes appellent à des actions contre ce qu’ils considèrent comme un « licenciement pour cause d’humanité ». Dans un pays où chaque jour des tonnes de nourriture partent à la benne, et où des milliers de personnes dorment dehors, cette histoire laisse un goût amer.

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