Face aux menaces sécuritaires croissantes en Europe, Ursula von der Leyen a présenté ce mercredi son « livre blanc » de la défense, visant à renforcer les capacités militaires des États membres et à assurer un soutien plus robuste à l’Ukraine. La présidente de la Commission européenne entend placer la défense européenne au cœur de l’agenda du sommet de jeudi et vendredi, où les 27 devront s’accorder sur des mesures concrètes.
L’Europe veut ainsi répondre à l’intensification de l’effort militaire russe, qui consacre 9 % de son PIB à ses armées. L’Estonie a déjà annoncé porter son budget de défense à 5 % de son PIB, tandis que l’Allemagne, sous l’impulsion de Friedrich Merz, s’apprête à investir massivement dans son armement. Ursula von der Leyen insiste sur l’urgence d’une autonomie stratégique et d’une production européenne d’armements, afin de limiter la dépendance aux États-Unis et d’accélérer les livraisons à l’Ukraine.
Toutefois, le plan d’aide de 40 milliards d’euros à Kyiv suscite des tensions au sein de l’UE. Si Londres semble prêt à y contribuer, la Hongrie menace de poser son veto, tandis que la France et l’Italie hésitent pour des raisons budgétaires et diplomatiques. Giorgia Meloni, proche de Donald Trump, craint notamment des représailles économiques des États-Unis. Emmanuel Macron, en visite sur la base aérienne de Luxeuil-les-Bains, a quant à lui annoncé une accélération des commandes de Rafale pour renforcer l’armée de l’air française et répondre à l’évolution rapide des menaces.
Ce réarmement massif constitue un défi à la fois budgétaire et industriel. La montée en cadence de la production militaire européenne nécessitera plusieurs années, obligeant les Européens à garantir une protection américaine à court terme. Le remplacement des F-16 portugais sera un test décisif pour la « préférence européenne » en matière d’armement, alors que les États membres cherchent à trouver un équilibre entre souveraineté militaire et maintien des relations avec Washington.