Migrants : l’Allemagne et plusieurs pays de l’UE veulent durcir l’asile et accélérer les expulsions
Migrants : l’Allemagne et plusieurs pays de l’UE veulent durcir l’asile et accélérer les expulsions

Réunis vendredi au sommet de la Zugspitze, le point culminant de l’Allemagne, le ministre allemand de l’Intérieur Alexander Dobrindt et ses homologues de cinq autres pays européens ont affiché leur volonté de durcir la politique migratoire de l’Union européenne. Objectif : restreindre les droits d’asile, renforcer les renvois de migrants déboutés, y compris vers des pays comme la Syrie ou l’Afghanistan.

Aux côtés des ministres de l’Intérieur de France, de Pologne, d’Autriche, de République tchèque et du Danemark, ainsi que du commissaire européen à la migration Magnus Brunner, Dobrindt a plaidé pour la mise en œuvre de procédures d’asile dans des pays tiers et l’installation de centres d’accueil hors de l’UE. Cette stratégie, selon lui, vise à alléger la pression migratoire et à enrayer la polarisation de l’opinion publique.

La réunion intervient quelques semaines après que l’Allemagne a instauré un refus systématique de certains demandeurs d’asile à ses frontières, une mesure controversée censée avoir été concertée avec ses voisins, mais vivement critiquée par les ONG et certains partenaires européens. En parallèle, Berlin a suspendu les programmes de regroupement familial et de réinstallation, dans une tentative de freiner l’essor de l’extrême droite, notamment l’AfD, qui a réalisé un score record aux élections fédérales de février.

L’un des points les plus sensibles du plan dévoilé vendredi concerne la volonté des signataires d’autoriser les expulsions vers des pays comme l’Afghanistan et la Syrie, malgré les graves inquiétudes sur la sécurité des personnes renvoyées. Dobrindt a justifié cette orientation en déclarant : « La surcharge de nos pays par l’immigration illégale contribue massivement à la polarisation de la société. Nous voulons contrer cette polarisation. »

Le même jour, l’Allemagne a procédé à l’expulsion de 81 ressortissants afghans vers Kaboul, une première depuis la reprise du pouvoir par les talibans en 2021. Un geste fort qui pourrait susciter une vive controverse au sein de l’opinion publique et dans les milieux juridiques et humanitaires.

Les propositions présentées devront encore être validées à Bruxelles, mais elles annoncent un virage sécuritaire assumé dans la gestion des flux migratoires, dix ans après la politique d’ouverture d’Angela Merkel qui avait marqué l’histoire de l’Union.

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