Médias israéliens le témoignage du chef du Shin Bet est un séisme politique – Netanyahu doit partir
Médias israéliens le témoignage du chef du Shin Bet est un séisme politique – Netanyahu doit partir

Des médias israéliens ont qualifié le témoignage du chef du service de sécurité intérieure (Shin Bet), Ronen Bar, de « séisme politique » susceptible d’avoir de graves répercussions juridiques et politiques pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au milieu d’appels de ses opposants à sa démission immédiate.

Le témoignage, présenté le 21 avril à la Cour suprême israélienne, inclut des documents confidentiels affirmant que Netanyahu aurait tenté de manipuler les activités du Shin Bet à des fins personnelles. Il aurait exigé du chef de l’agence de renoncer à ses obligations constitutionnelles et de se soumettre à l’autorité du Premier ministre plutôt qu’à celle de la Cour suprême.

Selon la chaîne israélienne Channel 12, Ronen Bar a déclaré qu’on lui avait demandé de fournir des avis juridiques visant à entraver les poursuites judiciaires contre Netanyahu, et qu’il avait été chargé d’agir contre des manifestants israéliens protestant contre le gouvernement — une démarche qu’il a qualifiée de menace directe pour la démocratie et l’État de droit en Israël. Il a également affirmé avoir été écarté sans raison valable de l’équipe de négociation chargée de la libération des otages israéliens à Gaza, ce qui, selon lui, montre une politisation de décisions sécuritaires sensibles.

Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a estimé que les révélations de Ronen Bar prouvent que Netanyahu « représente un danger pour la sécurité d’Israël » et qu’il doit quitter son poste sans délai. Il a souligné que son maintien au pouvoir menace les fondements mêmes de l’État et de ses institutions.

Une véritable mise en accusation

Dans le même contexte, Mikhail Shemesh, analyste politique sur la chaîne « Kan 11 », a décrit le témoignage de Bar comme une « mise en accusation explicite » du gouvernement, se demandant si les accusations étaient étayées par des preuves tangibles et recevables devant la justice.

Bien que les détails du témoignage complet n’aient pas été révélés en raison de leur confidentialité, les médias s’attendent à ce qu’il contienne des documents et enregistrements officiels confirmant les accusations d’ingérence de Netanyahu dans les affaires du Shin Bet. De son côté, Aviad Glickman, analyste judiciaire sur la chaîne « 13 », a souligné que l’élément le plus grave était la demande faite par Netanyahu au chef du Shin Bet de lui prêter allégeance personnelle au lieu de respecter les décisions judiciaires. Il a qualifié cela de « folie » qui dépasse toutes les lignes rouges.

Nir Dvori, correspondant militaire de Channel 12, a averti que toute tentative de politiser le Shin Bet – l’organisme chargé de prévenir les actes terroristes et de protéger la sécurité nationale – constituait une menace directe pour la sécurité d’Israël et ses institutions. L’avocate Gaïl Shorash, ancienne responsable du Mossad, a quant à elle affirmé qu’il existait une suspicion claire d’entrave à la justice. Elle a précisé que la tentative de Netanyahu d’empêcher Ronen Bar de témoigner constituait une interférence flagrante dans le processus judiciaire.

Amnon Abramovitch, analyste politique sur Channel 12, a lui déclaré que la Cour suprême, après avoir reçu le témoignage de Bar et 31 pages de documents confidentiels, devait demander à Netanyahu de témoigner à son tour et recommander l’ouverture d’une enquête criminelle officielle. Selon lui, les nouvelles accusations éclipsent celles des précédentes affaires et pourraient déclencher une crise constitutionnelle sans précédent.

Un modèle à la Stasi

Toujours dans ce contexte, le conseiller politique Attila Somfalvi a comparé le comportement de Netanyahu à celui de la Stasi, les services secrets de l’ex-RDA, affirmant que le Premier ministre cherchait à imposer une surveillance sécuritaire sur les citoyens et à politiser les services de sécurité. Yisrael Hasson, ancien vice-directeur du Shin Bet, a déclaré que le jour de ce témoignage est l’un des plus tristes de l’histoire d’Israël. Il a estimé que l’un des deux hommes – Bar ou Netanyahu – devait démissionner, car « le mensonge ne peut pas perdurer ». Dvir Karev, ancien instructeur au Shin Bet, a suggéré que la Cour demande à Ronen Bar de passer un test au détecteur de mensonges, ajoutant qu’il est convaincu que Bar accepterait. Il a souligné que celui qui refuse un tel test est celui qui devrait être mis en cause.

Soutien à Netanyahu

En parallèle, certains responsables ont pris la défense de Netanyahu. Le député du Likoud, Nissim Vaturi, a insinué que certains « se sont réjouis du massacre du 7 octobre 2023 » car cela pourrait aboutir à la chute de Netanyahu – en visant implicitement Ronen Bar. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a lancé une attaque directe en déclarant que Ronen Bar ne pouvait rester en poste après de telles déclarations. Il a affirmé qu’aux États-Unis, le directeur du FBI aurait été immédiatement limogé s’il avait tenu des propos similaires à l’encontre du président.

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