Macron et Meloni tentent de tourner la page des tensions entre Paris et Rome
Macron et Meloni tentent de tourner la page des tensions entre Paris et Rome

Le président français Emmanuel Macron et la Première ministre italienne Giorgia Meloni ont affiché mardi à Rome leur volonté de relancer une coopération européenne renforcée, après plusieurs semaines de tensions marquées entre leurs gouvernements sur des sujets sensibles tels que la guerre en Ukraine, les échanges commerciaux et les relations transatlantiques. La rencontre de trois heures au Palazzo Chigi, siège du gouvernement italien, visait à apaiser les crispations bilatérales qui avaient éclaté au grand jour, parfois à travers des critiques réciproques formulées par leurs entourages respectifs.

Dans un communiqué conjoint, les deux dirigeants ont mis en avant de « fortes convergences » sur la nécessité de renforcer la compétitivité et la prospérité européennes. Ils ont souligné l’importance d’une action rapide et ambitieuse, notamment dans les secteurs stratégiques comme l’intelligence artificielle, les technologies spatiales, l’énergie nucléaire décarbonée ou encore les industries en transition comme l’automobile et la sidérurgie.

Alors que Meloni s’est récemment illustrée par un alignement affiché sur les États-Unis — notamment en réemployant le slogan trumpiste « Make the West great again » lors d’une visite à Washington —, Macron continue de plaider pour une autonomie stratégique accrue de l’Union européenne. Les divergences se sont également exprimées sur le dossier ukrainien : la cheffe du gouvernement italien s’est montrée réservée face au projet franco-britannique d’envoyer des troupes de maintien de la paix en cas d’accord, une idée impopulaire en Italie. Malgré cela, les deux dirigeants ont réaffirmé leur soutien « indéfectible » à l’Ukraine et ont appelé à un renforcement des capacités de défense européennes.

Les désaccords récents incluent également l’absence remarquée de Meloni à un déplacement à Kiev aux côtés de Macron et d’autres dirigeants européens, ainsi qu’à un appel conjoint avec Trump et Zelensky. Ces absences avaient alimenté les spéculations sur une fracture politique croissante entre Rome et Paris. La réunion de mardi, à l’initiative du président français, visait aussi à désamorcer ces tensions et à réaffirmer une relation de « respect » et « d’amitié », selon l’Élysée.

Le volet sécuritaire régional a aussi été abordé. Paris et Rome partagent des inquiétudes concernant l’influence croissante de la Russie en Libye, notamment dans l’est du pays, où Moscou pourrait tenter d’établir un nouveau point d’ancrage stratégique en Méditerranée après la perte de son allié Bachar al-Assad en Syrie. Le Moyen-Orient figurait également parmi les dossiers évoqués, bien que peu de détails aient été divulgués.

Macron et Meloni ont conclu leur échange en annonçant la tenue d’un nouveau sommet bilatéral début 2026 en France, un signal destiné à inscrire cette relance diplomatique dans la durée, malgré des visions parfois opposées de l’avenir du projet européen.

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