L’Union européenne alerte : la Russie prépare une stratégie d’agression de longue durée contre l’Europe
L’Union européenne alerte : la Russie prépare une stratégie d’agression de longue durée contre l’Europe

L’Union européenne fait face à une menace directe et croissante de la part de la Russie, selon la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, qui a mis en garde mercredi contre une stratégie d’agression à long terme du Kremlin. S’exprimant devant le Parlement européen à Strasbourg, Kallas a évoqué un ensemble d’actions hostiles allant du sabotage aux cyberattaques, en passant par des violations de l’espace aérien et des attaques ciblées contre les infrastructures énergétiques.

La diplomate a souligné que Moscou consacre désormais plus de ressources à la défense que l’ensemble des 27 États membres de l’UE, et que les dépenses militaires russes dépassent désormais celles de ses secteurs de la santé, de l’éducation et des politiques sociales réunis. « Ce niveau d’investissement ne s’explique que par une volonté de recourir à la force », a-t-elle affirmé. « C’est un plan sur le long terme, pour une agression sur le long terme. »

Cette mise en garde intervient alors que les inquiétudes se multiplient quant à la possibilité d’un futur affrontement direct entre la Russie et l’OTAN. Le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Mark Rutte, a récemment averti que la Russie pourrait être en mesure de mener une attaque contre un pays membre d’ici la fin de la décennie. Selon lui, Moscou produit autant d’armement en trois mois que l’ensemble des 32 membres de l’OTAN en une année.

Les actes de sabotage et les cyberattaques, qui visent principalement à saper le soutien européen à l’Ukraine, sont perçus par de nombreux experts comme une forme de guerre hybride. Bien que l’OTAN ait reconnu en 2021 que des cyberattaques massives pourraient justifier l’activation de l’article 5 — la clause de défense collective — aucune réponse formelle n’a été déclenchée jusqu’à présent.

Avec les États-Unis concentrés sur les tensions au Moyen-Orient et leur rivalité stratégique avec la Chine, l’Europe se retrouve de plus en plus seule face aux ambitions russes. Cette situation précaire est accentuée par l’absence d’une position unifiée sur les moyens de défense, malgré les appels à renforcer les capacités militaires et à accélérer les investissements.

Le chef des services de renseignement allemands, Bruno Kahl, a également lancé l’alerte. Selon lui, « l’Ukraine n’est qu’une étape vers l’Ouest ». Dans un entretien publié le 9 juin, il a affirmé que la Russie visait à repousser l’OTAN à ses frontières de la fin des années 1990 et à évincer les États-Unis du continent européen. Pour Kahl, seule une dissuasion claire et renforcée pourra empêcher un affrontement armé.

Un sommet de l’OTAN prévu la semaine prochaine aux Pays-Bas devrait déboucher sur un nouvel engagement collectif en matière de dépenses militaires, avec des milliards d’euros promis pour renforcer la sécurité européenne.

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