Le Rassemblement national relance un débat explosif : près de quatre-vingts ans après la loi Marthe Richard, le parti souhaite autoriser la réouverture de maisons closes. Le député Jean-Philippe Tanguy a confirmé travailler sur une proposition de loi visant à créer des établissements « coopératifs », gérés directement par les prostituées. Selon lui, la pénalisation des clients depuis 2016 a aggravé la précarité et l’insécurité des travailleuses du sexe, justifiant une refonte complète du modèle.
Marine Le Pen apporte son soutien à cette initiative, qui pourrait devenir l’un des marqueurs programmatiques du RN en vue de 2027. L’objectif affiché est d’encadrer strictement l’activité pour lutter contre les réseaux, sécuriser les environnements de travail et offrir une alternative au système actuel jugé « hypocrite » et inefficace. Le parti assume vouloir rompre avec la tradition abolitionniste française, considérée comme déconnectée de la réalité du terrain.
Cette prise de position ouvre déjà un champ de bataille politique : partisans de l’encadrement et défenseurs de l’abolition s’affrontent depuis des années sur la nature même de la prostitution.