Le ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz, a annoncé ce mercredi l’élargissement de l’opération militaire à Rafah, au sud de la bande de Gaza. Parallèlement, des sources médicales ont indiqué à Al Jazeera que 21 personnes ont été tuées lors des bombardements israéliens sur plusieurs zones du centre et du sud de Gaza.
Dans le même temps, le correspondant d’Al Jazeera a rapporté que les hélicoptères israéliens continuaient de tirer sur des zones de Khan Younès et de Rafah, tandis que des dizaines de familles piégées appelaient la communauté internationale à les évacuer de Khuza’a, au nord de Rafah.
Katz a affirmé que de vastes zones de Gaza devaient être placées sous contrôle israélien et annexées aux « zones de sécurité » de l’occupation. Il a ajouté qu’une évacuation massive des civils des zones de combat aurait lieu et a appelé les habitants de Gaza à « éliminer le Hamas et à restituer les otages israéliens », affirmant que c’était « la seule façon de mettre fin à la guerre ».
De son côté, la radio de l’armée israélienne a indiqué qu’une seule division, la 36ᵉ division blindée, participait à cette phase de l’offensive terrestre débutée cette nuit à Rafah. Elle a ajouté que la brigade Golani, qui avait été engagée pendant plus d’un an sur la frontière nord, était désormais déployée à Gaza sous le commandement de cette division.
Toujours selon la radio militaire, la 36ᵉ division avait été transférée au sud il y a environ 10 jours en prévision de cette opération terrestre.
Protestation des familles des otages
L’Association des familles des otages israéliens à Gaza a critiqué la décision du gouvernement d’envoyer davantage de soldats dans l’enclave au lieu de négocier un échange de prisonniers pour récupérer les otages et mettre fin à la guerre.
L’association a exprimé son inquiétude face à l’annonce de l’élargissement de l’opération militaire et a souligné que la libération des otages était une responsabilité du gouvernement israélien. Elle a déclaré que les familles ressentaient un abandon total de cette mission.
Elle a exigé du Premier ministre, du ministre de la Défense et du chef d’état-major des explications sur la stratégie militaire et sur la manière dont elle pouvait servir la libération des otages sans les mettre davantage en danger.
Raids meurtriers
Depuis l’aube, l’armée d’occupation a mené de violents raids aériens et des bombardements intensifs sur le centre et le sud de la bande de Gaza, faisant des dizaines de morts et de blessés, dont des enfants et des femmes.
Selon le correspondant d’Al Jazeera, 12 Palestiniens ont été tués et plusieurs autres blessés dans un bombardement israélien visant une maison au centre de Khan Younès. Ce raid a causé d’importants dégâts matériels.
Trois autres Palestiniens ont été tués lors d’une frappe israélienne sur un terrain agricole au nord-est de Rafah. Les équipes de secours ont pu récupérer les corps des martyrs et les transférer à l’hôpital européen de Gaza, à Khan Younès.
Par ailleurs, l’armée israélienne a ordonné l’évacuation de tous les habitants de Rafah.
Dans l’est de Khan Younès, l’aviation israélienne a bombardé la mosquée indonésienne déjà détruite dans le quartier de Ma’an.
Au camp de Nuseirat, au centre de la bande de Gaza, deux Palestiniens ont été tués et plusieurs autres blessés lors d’un bombardement israélien ayant ciblé une maison.
Un Palestinien a également été tué et d’autres blessés dans un raid israélien sur une tente de déplacés à Deir al-Balah.
Dans le nord de la bande de Gaza, l’artillerie israélienne a repris son bombardement sur Beit Lahia et Beit Hanoun, en parallèle à des frappes similaires sur le quartier de Zeitoun, au sud de la ville de Gaza.
Depuis deux semaines, l’armée d’occupation s’est infiltrée dans l’ouest de Beit Lahia, procédant à des destructions massives de terres et à des tirs continus sur les camps de déplacés.
Pendant ce temps, des hélicoptères israéliens ont ouvert le feu sur des habitants de l’est de la ville de Gaza alors qu’ils cherchaient du bois et de l’eau.
Un bilan humain catastrophique
Depuis la reprise du génocide israélien à Gaza le 18 mars dernier, 1 042 Palestiniens ont été tués et 2 542 autres blessés, en grande majorité des enfants et des femmes, selon le ministère de la Santé de Gaza.
Depuis le début de l’agression le 7 octobre 2023, Israël, avec le soutien des États-Unis, a perpétré un génocide à Gaza qui a fait plus de 164 000 martyrs et blessés palestiniens, dont une majorité d’enfants et de femmes, ainsi que plus de 11 000 disparus.