C’est une affaire bien embarrassante pour Julie Gayet, compagne de l’ancien président François Hollande, que Libération a remis en lumière cette semaine. En 2016, la vente de 36 avions de chasse Rafale à l’Inde par la France, pour un montant de 7,8 milliards d’euros, a suscité une vive polémique. Au cœur de cette affaire, un financement de 1,6 million d’euros accordé par Reliance Entertainment, une société indienne, au film Tout là-haut, coproduit par Julie Gayet, compagne du président français de l’époque, François Hollande. Ce financement, intervenu alors que Reliance Group devenait partenaire de Dassault Aviation dans le cadre du contrat Rafale, a soulevé des interrogations sur un possible conflit d’intérêts.
Un partenariat controversé
Le contrat Rafale comprenait une clause de “compensation” obligeant Dassault à réinvestir 50 % de la valeur du contrat en Inde. Pour satisfaire à cette exigence, Dassault a établi une coentreprise avec Reliance Group, dirigé par Anil Ambani, un proche du Premier ministre indien Narendra Modi. Cette décision a été critiquée, notamment parce que Reliance n’avait aucune expérience dans l’aéronautique, contrairement à l’entreprise publique indienne Hindustan Aeronautics Limited, initialement pressentie pour ce partenariat.
Des explications contestées
François Hollande a affirmé que le gouvernement indien avait imposé le choix de Reliance comme partenaire, déclarant : “Nous n’avons pas eu le choix, nous avons pris l’interlocuteur qui nous a été donné”. Julie Gayet, de son côté, a précisé que sa société de production n’était pas directement impliquée dans le contrat avec Reliance, soulignant que c’était la société de Kev Adams, My Family, qui avait géré l’accord.
Une enquête judiciaire en cours
En 2018, l’ONG française Sherpa a déposé une plainte auprès du Parquet national financier pour demander l’ouverture d’une enquête sur des soupçons de “corruption” et de “trafic d’influence”, «blanchiment » et «corruption d’agent public étranger».
Initialement classée sans suite, l’affaire a été relancée en 2021 avec la nomination d’un juge d’instruction chargé d’enquêter sur ces allégations. Cette enquête progresse lentement mais sûrement, dans une indifférence et un silence assez surprenants…