Alors que les tensions commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne s’intensifient, François Ruffin monte au créneau. Invité ce mardi matin sur France Inter, le député « Picardie Debout » a proposé une mesure choc : interdire purement et simplement la vente de voitures Tesla sur le continent européen.
Tesla, symbole de l’Amérique de Trump et Musk
« Quel est le symbole de l’Amérique de Trump et de Musk ? C’est la Tesla », a affirmé le député, qui fustige la réponse européenne jugée trop timide. Pour Ruffin, la riposte devrait être immédiate et visible : « Plus une voiture Tesla vendue sur le continent européen. Si on peut prendre une mesure symbolique, on tape dessus. »
Déjà en difficulté en France, Tesla a vu ses immatriculations chuter de 41 % depuis le début de l’année, selon la Plateforme automobile. En cause : une concurrence plus rude, des modèles vieillissants, mais aussi l’image controversée de son patron Elon Musk.
François Ruffin a aussi étrillé la feuille de route présentée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qualifiant de « ridicule » la liste des produits ciblés en représailles aux taxes américaines. « On nous parle de bidets, de chewing-gums, de viande de renne… Est-ce qu’on a vraiment envie de bâtir l’Europe sur ça ? », a-t-il ironisé. L’élu appelle à une rupture avec les logiques de libre-échange sans contrepartie : « On parle sans cesse de souveraineté, notamment militaire, mais on oublie la souveraineté économique. »
Un plan pour reconquérir l’autonomie industrielle
Pour Ruffin, cette guerre commerciale doit être l’occasion d’une reconquête industrielle : « Faisons de cette crise une chance. Recréez une industrie de l’acier, des médicaments, des masques, des munitions ! » Il propose un « plan de 100 produits » stratégiques pour lesquels l’Europe doit regagner son autonomie, avec des quotas, des taxes aux frontières et des barrières douanières ciblées.
Enfin, il milite pour un retour des talents européens partis aux États-Unis, et appelle à sortir « partiellement » de la mondialisation pour reconstruire une économie européenne plus souveraine.