États-Unis : une enquête fédérale pourrait viser d'anciens responsables de l'administration Obama
États-Unis : une enquête fédérale pourrait viser d'anciens responsables de l'administration Obama

WASHINGTON — Le ministère américain de la Justice, sous la direction de la procureure générale Pam Bondi, va ouvrir un grand jury pour enquêter sur d’anciens responsables de l’administration Obama, selon une source proche du dossier citée par Reuters. L’enquête porterait sur des allégations liées à la présidentielle de 2016, remportée par Donald Trump, et à des accusations de surveillance abusive formulées par des alliés du président républicain.

Cette décision intervient dans un climat politique particulièrement tendu, quelques mois après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche pour un second mandat. Les accusations visent notamment le rôle présumé de hauts responsables du renseignement et de la sécurité nationale sous Barack Obama, soupçonnés par certains conservateurs d’avoir orchestré une surveillance injustifiée de la campagne Trump en 2016.

L’affaire a récemment été relancée par Tulsi Gabbard, ancienne représentante démocrate devenue critique virulente de son ancien parti. Gabbard a dénoncé ce qu’elle appelle la « militarisation de la communauté du renseignement » et a accusé l’administration Obama d’avoir « utilisé l’appareil de sécurité nationale à des fins politiques ».

Donald Trump, qui n’a cessé d’affirmer que l’enquête sur les interférences russes lors de sa première élection était une manœuvre politique visant à le discréditer, a immédiatement réagi en attaquant à nouveau son prédécesseur. Barack Obama, pour sa part, a fermement rejeté ces accusations, qualifiant les allégations de Trump de « sans fondement et politiquement motivées ».

L’ouverture d’un grand jury ne signifie pas nécessairement qu’une inculpation est imminente, mais elle représente une étape formelle dans une enquête pénale fédérale. Elle permet notamment aux procureurs de convoquer des témoins sous serment et de rassembler des éléments probants sous couvert de confidentialité.

La mise en cause potentielle d’anciens hauts responsables d’une administration précédente est rarissime aux États-Unis et risque de polariser davantage une scène politique déjà fracturée. Plusieurs observateurs y voient une tentative de revanche politique du camp Trump, alors que l’ancien président a fait de la dénonciation d’un « État profond » l’un des piliers de sa rhétorique.

Le ministère de la Justice n’a pas encore commenté officiellement l’information, et aucun nom n’a été confirmé publiquement à ce stade. Cette affaire pourrait marquer un tournant controversé dans la manière dont les États-Unis abordent la transition entre administrations, en remettant en cause une tradition de retenue judiciaire vis-à-vis des anciens responsables politiques.

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