EMMANUEL MACRON PARIS
Paris, France, le 8 juin 2024. Emmanuel Macron, e président de la République, et le président des Etats Unis d'Amérique, ont ravivé la flamme du soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe en haut des Champs Elysées. photo : LP / Olivier Corsan

Les derniers chiffres du baromètre Ifop/JDD le confirment : Emmanuel Macron atteint un niveau d’impopularité inégalé à mi-mandat de son second quinquennat. Désormais, seuls 21 % des citoyens se disent satisfaits de son action, un score historiquement bas pour un président encore en exercice. Les critiques s’abattent sur sa politique intérieure jugée « éloignée du réel », tandis que ses déplacements à l’international alimentent la sensation d’un chef d’État déconnecté des priorités du pays. Sa base électorale de 2022, et plus particulièrement les personnes âgées et les retraités, lui tourne le dos, agacée par de nouvelles charges fiscales et un sentiment d’abandon.

Au-delà d’une simple lassitude, c’est une fracture qui se creuse entre le président et un électorat qui l’a soutenu en 2022. Les retraités, jadis considérés comme le pilier de son socle, se disent déçus par les coupes budgétaires et l’impression de financer sans cesse des réformes qu’ils jugent injustes. Le locataire de l’Élysée, qui se voulait « protecteur » de la valeur travail et de la « souveraineté budgétaire », a fini par cristalliser l’exaspération de nombre de Français en mal de pouvoir d’achat. Aux yeux de beaucoup, l’absence de réponses fermes à la crise économique et l’incertitude entourant la question migratoire minent la cohésion nationale. D’autant que le constat grandit : Emmanuel Macron se limiterait à multiplier les changements de gouvernement et les discours parfois opaques, au détriment d’actions percutantes sur le terrain.

Face à ce « ras-le-bol » généralisé, les Français semblent désormais déterminés à privilégier un cap plus clair : attachés à leur pays et à la préservation de leur indépendance économique, ils réclament une politique souverainiste, une maîtrise rigoureuse des dépenses publiques et une préservation du niveau de vie des retraités. Ce mouvement n’est pas un simple « dégagisme », mais bien l’expression d’un désir d’orientations mieux définies et d’une plus grande protection de l’intérêt national. La popularité stable du Premier ministre, elle, ne suffit pas à rassurer. Pour une majorité de citoyens, il faudra bien plus qu’un énième remaniement ou un réajustement fiscal : c’est une véritable refondation de la confiance, fondée sur des actes, qu’appellent de leurs vœux ceux qui s’inquiètent de voir la France reculer dans la guerre économique et sociale qui se joue.

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