Vendredi 20 juin 2025, une seconde plainte visant Édouard Philippe a été déposée à Paris. L’ancien Premier ministre, aujourd’hui maire du Havre, est accusé de « détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêt, concussion et harcèlement moral ». Cette nouvelle procédure intervient moins d’un an après une première plainte déposée en septembre 2023 par la même plaignante, une ex-directrice générale adjointe de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole. Selon son avocat, Me Jérôme Karsenti, la plainte s’accompagne cette fois d’une constitution de partie civile. Elle vise également deux collaboratrices d’Édouard Philippe : Stéphanie de Bazelaire, adjointe en charge du numérique, et Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine.
Un contexte tendu autour de la gestion de la Cité numérique du Havre
Les faits dénoncés concernent principalement une convention signée en juillet 2020 entre la collectivité et l’association LH French Tech, alors présidée bénévolement par Stéphanie de Bazelaire. Unique candidate à un appel à manifestation d’intérêt lancé quelques mois plus tôt, LH French Tech avait reçu un financement public de 2,154 millions d’euros dans le cadre d’un service d’intérêt économique général. L’association a été placée en liquidation judiciaire en 2023. La plaignante affirme avoir subi du harcèlement moral après ses alertes, jusqu’à ce que son contrat ne soit pas renouvelé. Elle a obtenu entre-temps le statut officiel de lanceuse d’alerte.
Une enquête du PNF déjà en cours
Le Parquet national financier a ouvert une enquête après la première plainte. Des perquisitions ont eu lieu en avril 2024 à la mairie du Havre. À ce jour, l’enquête est toujours en cours. Selon une source judiciaire, les documents saisis sont en cours d’exploitation, mais aucune orientation précise de la procédure n’a encore été communiquée. Édouard Philippe a réfuté l’ensemble des accusations dans un communiqué adressé à l’AFP. Il dénonce une « vendetta personnelle » motivée par l’amertume d’une haute fonctionnaire dont le contrat n’a pas été reconduit, plutôt qu’un acte de lanceuse d’alerte. L’avocat de la plaignante craint pour sa part un attentisme du parquet face à celui qu’il décrit comme un « futur probable candidat à la présidentielle ».